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Tome quinzième. Campagne de 1801, 1802 et de 1803.
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LIVRE XIX, CIUP. CXI1I.

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Malgré tant de clameurs, les nouveaux ministres persistè-rent à suivre le système qui les avait déterminés à cette né-gociation; et lord Cornwallis fut désigné pour se rendre aucongrès d’Amiens, où il devait mettre le sceau à la paix dé-finitive, de concert avec Joseph Bonaparte, le chevalier d’A-zara et Schimmelpenninek, chargés de stipuler, le second aunom de l’Espagne, le troisième pour la Hollande. Le négo-ciateur anglais reçut à Paris l’accueil le plus distingué, et onpoussa la prévenance jusqu’à lui accorder des honneurs inu-sités. Quoique ses compatriotes se montrassent sensibles àces attentions, et que les préliminaires eussent posé les basesd’une manière assez précise pour qu’on pût se flatter d’ame-ner les négociations promptement à leur fin, on s’aperçut àl’ouverture des conférences d’Amiens, que l’ancienne jalou-sie et une méfiance invétérée présidaient aux moindres pen-sées des deux cabinets.

Malte se présenta d’abord comme la pierre d’achoppe-ment ; les précautions minutieuses pour la remise et le sortfutur de cette île, attestent mieux qu’aucune dissertation mi-litaire, le prix que chacune des puissances attachait à ce quece poste fût mis hors de l’atteinte de sa rivale. L’Ordre deS l -Jean de Jérusalem auquel on devait le restituer, alors dis-persé, et en état de schisme, n’était qu’un gardien suspectou insuffisant aux yeux de l’Angleterre, qui en était excluepar sa religion. Lord Cornwallis observa d’abord, que si l’é-tablissement d’une langue anglaise était incompatible avecles statuts de l’Ordre, il fallait par réciprocité qu’il n’y eûtpas de langue française. On tomba d’autant plus facilementd’accord sur ce point, que cet ordre de chevalerie était en

Lord

Cornwallisest envoyéà Amiens.

DébatsrelatifsA Malle.