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LIVRE XIX, CIIAP. , CXIII. 85
en la combinant avec d’autres circonstances, le cabinet deS'-James demeura persuadé que le premier Consul nourris-sait encore de secrètes espérances sur l’Egypte. Du moinsfeignit-il d’en être alarmé, et ses agents s'efforcèrent de touscôtés de trouver la clef d’un mystère qui n’existait peut-êtrepas. Le rapport de Sébastiani, publié à Paris le 30 jan-vier 1803, loin de calmer les craintes des Anglais, ne fitque les redoubler. Si cette mission avait été dictée par leprojet d’une seconde expédition en Égypte , il eût été im-prudent, pour ne pas dire ridicule, de la rendre publiquepar des journaux officiels, et cette publicité atteste en quel-que sorte toute l’innocenGe de la démarche. Dans le fuit, c’é-tait une reconnaissance toute simple de l’état de choses, unrapport militaire ; mais il exprimait avec affectation l’inté-rêt qu’on portait encore dans toute l’Égypte au premierConsul, et il contenait en outre des imputations graves con-tre le général Stuart. Toutefois, il n’y avait rien là d’offensif,car cet écrit était modéré en comparaison des pamphletsqui sortaient des presses anglaises, contre un personnageplus éminent.
Le cabinet de Londres d’ailleurs n’avait pas attendu de Lordconnaître ces particularités, pour montrer peu de disposi- est envoyétions pacifiques : le choix de lord Withworth, qui prit aParis -le 9 décembre l’ambassade de Paris, n’était pas d’un bonaugure pour les amis de la tranquillité. Lord Hawkesburyporta bientôt des plaintes graves contre les expressions durapport qu’il accusait d’être injurieux pour les agents et lesgénéraux britanniques. Àndréossi répliqua que la publicitéde ce document était une réparation due à l’armée française