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Tome quinzième. Campagne de 1801, 1802 et de 1803.
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LIVRE XIX, CHAP. CXIV.

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on eût employé pareil système contre une force régulière,était convenable pour une prise de possession, dans laquelleil s’agissait de prévenir partout une insurrection, et de neu-traliser au même instant tous les éléments de force que lesnoirs pouvaient retirer des différentes provinces.

Boudet étant arrivé plusieurs jours avant les autres, eûtété en mesure de débarquer le premier au Cap ; même à l’airivée de l’escadre de Brest ; il aurait pu encore faire voile desuite pour y entrer. Leclerc qui en eut un moment le pro-jet , donna l’ordre de débarquer le 1 er février au matin. Oncroit que cette opération eût prévenu le désastre de cetteville, où Christophe , dit-on , se préparait à accueillir favo-rablement les Français, avant que Toussaint revînt de Sa-mana (1). Mais l’amiral Villaret non content de faire ob-server que ce projet était contraire aux instructions dugouvernement qui avait fait embarquer avec cette divisiontout ce qui était destiné pour le Port-au-Prince s’opposa àun changement qui laissait peser sur lui une trop granderesponsabilité. Latouche et Boudet reçurent donc l’ordre decontinuer leur marche vers l’Ouest, au moment où ils allaientdonner dans la passe du Cap, et ce temps perdu empêchala division Hardy d’entrer le soir même dans cette capitale ,où l’on prétend qu’elle eût été bien reçue, si la nouvelle duretour de Toussaint n’eût changé la face des affaires dans lanuit même.

(i) Christophe était de tous les noirs celui dont l’extérieurimposait le plus. Il avait de la dignité et de l’aménité dans sesmanières. Son esprit était moins vaste que celui de Toussaint,mais peut-être plus cultivé.