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sion à sa poursuite : il crut devoir rester de sa personnepour couvrir l’important poste de Port-au-Prince, dont Tous-saint avait recommandé de tenter l’incendie, par ruse onpar force.
Rassuré toutefois sur le mouvement de Dessalines contrele Sud, et jaloux de faciliter les opérations du général Leclercsur les Gonaïves, Boudet se mit en marche vers S 1 -Marc,afin de le seconder et d’établir ses communications avec lui.Dessalines renonçant à ses espérances sur le Sud, ou rappelépeut-être par Toussaint, était déjà revenu dans les environsde cette ville. Une partie de ses troupes tenait les montagnesderrière Montroui, où Boudet se dirigea par mer, tandisqu’une colonne y filait par terre de l’Àreahaye. A la suited’un combat assez vif, la division approchait de S‘-Marc,lorsqu’un affreux incendie enveloppa cette ville et la plaineenvironnante. Armé lui-même d’une torche , Dessalines in-cendia sa propre maison, et tous ses officiers prompts à imi-ter son exemple, se répandant dans les rues à la tête de plu-sieurs détachements, livrèrent au fer et aux flammes cetteville florissante, qui en peu d’heures ne présenta plus qu’unmonceau de ruines. Nulle plantation de ce quartier ne futépargnée, et les blancs qui échappèrent au massacre, furentimpitoyablement traînés dans les mornes, exposés à chaquepas à des traitements pires que la mort.
Après avoir présenté Dessalincs sous les hideuses couleursd’un cannibale, il faut rendre justice à sa résolution et à sonactivité. A peine Boudet se montrait-il devant S‘-Marc, quele chef noir conçut le projet hardi de se dérober de nouveaupar une contre-marche, et de tomber sur Port-au-Prince
IL.
Dessalinesveut sur-prendrePort-au-Prince.