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remplir. La misère allait faire ce que les insurgés désespéraientd’exécuter.
De cet état des choses, résulta un rapprochement que lesuns ont attribué à la perfidie des chefs noirs, et d’autres à laforce des circonstances. Quoi qu’il en soit, Christophe et Des-salines firent leur soumission, trop heureux de conserver desgrades et des commandements auxquels ils ne pouvaient plusse flatter d’avoir le moindre droit. Le capitaine-général in-vesti de la confiance de Bonaparte, n’hésita point à leur ac-corder la sienne sans réserve.
Soit que Toussaint eût tracé lui-même à ses lieutenants Toussaint.la conduite qu’ils avaient à suivre, soit qu’il eût perdu par ’
ses revers l’ascendant que ses services lui avaient acquis, il autant >imita, bientôt après, l’exemple de ses généraux ; mais, en su-bissant le joug de la nécessité, il sut conserver de la dignité :en déposant les armes, il préféra rentrer dans la vie privée,à accepter un commandement sous le capitaine-général en-voyé par le premier Consul.
Ces événements arrivèrent d’autant plus à propos, que la Rava j S“fièvre jaune commençait à doubler ses ravages. Cette cruelle jaune,maladie, un des plus funestes présents que le Nouveau-Monde ait fait à l’ancien, plus violente encore cette annéequ’elle ne l’est ordinairement aux Antilles, moissonnait déjàune foule de braves. Les généraux Debelle, Ledoyen etHardy furent du nombre de ses premières victimes, et leurmort, presque simultanée, sema la désolation dans une ar-mée dont ils avaient également mérité l’admiration et l’at-tachement. Les mois de mai, juin et juillet se passèrentainsi dans une cruelle anxiété, et l’épidémie augmentant