Etat de St-Domingue.
Conseil
colonial.
Instruc-tions dupremierConsul.
128 HISTOIRE DES GUERRES DES LA RÉVOLUTION. I
avec les chaleurs, menaçait d’engloutir bientôt les vainqueurs.
Toutefois, à la nouvelle de la paciücation, les naviresaméricains et français affluèrent dans les ports, où ils ra-menèrent l’abondance ; le commerce parut renaître sur lesdécombres encore fumants du Cap ; le Port-au-Prince floris-sait; les maisons et les édifices de la capitale se relevaient; ]enfin, la confiance ranimait les planteurs et les habitantsdes villes.
Le capitaine-général, à qui les premiers événements de ;la guerre n’avaient pas donné l’espoir d’un si prompt et si !heureux dénouement, ne perdait, pas un instant pour en pro- !fiter. Un conseil colonial, présidé par le préfet Bénézecliet composé de tout ce que la colonie avait conservé d’hom-mes versés dans le gouvernement, fut institué pour aviser aux imoyens de ramener l’ordre, la justice , et créer une bonneadministration. Leclerc appréciait toutes les difficultés quilui restaient à vaincre, et les dangers de la confiance qu’ilaccordait aux noirs; mais il fallait se résoudre à les gagner,ou les poursuivre à outrance jusqu’à la destruction de leurscadres : or, pour atteindre ce résultat, il eût été indispen- |sable de disséminer ses troupes affaiblies, et de lancer centpetits détachements après des hommes acclimatés, vivantde rien dans leurs montagnes, et beaucoup plus rompus à lafatigue que les soldats européens. 1
Les instructions des Consuls prescrivaient de profiter dela première occasion pour faire passer en Europe tous leschefs noirs, avec promesse d’y être employés selon leurs gra-des. Les places d’officiers subalternes devaient être accor-dées dans les corps, par tiers, aux blancs, aux mulâtres et