* LIVRE XIX, CIUP. CXIV. 129
aux noirs. On se flattait ainsi que le déplacement de quel-ques ambitieux ôterait toute influence aux noirs, qu’on ras-surerait d’ailleurs sur leur condition future, en leur laissanttous les emplois qui ne donnaient pas un commandementdangereux, et en leur conservant les droits politiques qu’ilsavaient acquis par les lois antérieures. On avait recommandéen outre au capitaine-général de se rattacher les hommes decouleur pur tous les moyens possibles, en rendant auxcréatures de Rigaud l’appui qu’on leur avait si malheureu-sement enlevé.
Quelque efficaces que dussent être ccs mesures pour ré- Lecleretablir l’autorité de la métropole , Leclerc ne jugea pas pru- exécuter **dent de les risquer : il craignit que l’arrestation des chefsne rallumât une insurrection générale, et crut qu’en les trai-tant au contraire avec égards, on parviendrait plutôt à leurinspirer de l’attachement pour la France ; cette erreur, quifait honneur à son caractère, porte avec, elle son excuse. Bo-naparte a cependant reproché à sonbeau-frère de s’être écartéde la ligne qui lui avait été tracée ; mais il est difficile d’ap-précier au juste l’influence qu’aurait pu avoir une mesurequi ne fut jamais exécutée.
La conduite de Christophe, deMaurcpas et de Dessalines,justifia d’abord la confiance du général en chef; ils mirentun soin tout particulier à éloigner d’eux jusqu’à l’apparenced’une arrière-pensée; ils fusillaient sans pitié tous ceux deleur caste qui refusaient dé déposer les armes ; ils employè-rent même à cette occasion une sévérité dont l’excès auraitdétruit les soupçons du plus défiant. Leclerc fut-il dupe deces démonstrations , ou eut-il d’autres motifs de ne pas exé-
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