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Tome quinzième. Campagne de 1801, 1802 et de 1803.
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LIVRE XIX , CnAP. CX1V.

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gueur; le président héréditaire de S^Domingue se vit en-levé, conduit aux Gonaïves, embarqué pour la France , etenfermé au château de Joux dans le Jura, où il mourut unan après, dévoré de regrets et de chagrin. Son aide-de-eampFontaine, arrêté en même temps, fut jugé comme espion, et' passé par les armes.

On ne saurait dire pourquoi Leclerc n’employa pas cette Leclercmesure décisive, à la même heure, contre tous les officiers les autressupérieurs noirs, ainsi qu’il en avait l’ordre. On doit suppo-ser qu’il reconnut du danger à exécuter ses instructions, pen-dant que ces chefs se trouvaient à la tête de soldats qui leurobéissaient aveuglément. La révolte de la Guadeloupe, mo-tivée sur l’arrestation imprudente de deux ou trois subal-ternes , bien moins influents que ceux de SCDomingue, don-\ ncrait quelque poids à cette supposition. Toutefois, s’il| parut possible d’arrêter Toussaint, comment, put-on hésiterde se saisir d’une trentaine d’autres chefs, lorsque le gou-vernement avait ordonné cette mesure, et que ces individusavaient bien moins de crédit sur la population noire queToussaint? Ces mêmes soldats, dont on redoutait l’opposi-tion, n’avaient-ils pas arrêté et fusillé Moyse; balancèrent-ils, quand il fallut exécuter Charles Belair ? Ne pouvait-onpas charger du soin de cette arrestation Clervaux, Péthion ,

Boyer, et les autres chefs mulâtres, en leur promettant del’avancement ou des commandements de choix ?

Cette faute ne fut pas la seule que commit Leclerc : loin il s’aliènede gagner les hommes de couleur, et de rendre à Rigaud une j e s couler*partie de son ancienne influence, il fit tout pour s’aliénercette caste. Le capitaine-général avait reçu à cette époque la