132 HISTOIRE DES GUERRES DE LA REVOLUTION.
demande d’un chef pour la Guadeloupe, où l’esprit de ré-volte donnait des inquiétudes; il y envoya Boudet, qui avaitservi autrefois avec distinction dans cette île. La mesureétait sage en elle-même; mais on désigna malheureusementpour le remplacer dans la partie du Sud, Rochambeau, quis’y était fait une multitude d’ennemis. Quand la méfiances’empare des cœurs, elle y fait de rapides progrès, surtoutchez les mulâtres. Ceux du Sud et de l’Ouest la témoignè-rent sans détour ; et Roehambeau, ombrageux. ne fit quel’accroître par des mesures dont la rigueur ralluma toutesles haines.
f R 'c*d'e C3t Pour surcroît de malheur, Rigaud, à peine débarqué aurembarquer Port-au-Prince, fut dénoncé comme un homme dangereux,et Leclerc trompé sur son compte, eut la faiblesse d’ordon-ner qu’on le fît rembarquer sur-le-champ pour la France.Dès ce moment, toute sa caste indignée, ne douta plus qu’onn’eût formé le projet de lui ravir tout ce qu’elle avait ob-tenu de la révolution; elle partagea les craintes, les espé-rances et les projets des noirs. Avant de rendre compte desfunestes effets de cette disposition des esprits, il est néces-saire de porter un moment notre attention vers la Guade-loupe, où se préparait la commotion qui devait de pouveaubouleverser les Antilles.
Richepanse On se rappelle que Richepanse avait été embarqué à
obstacle à la Brest avec 3,400 hommes, à bord de l’escadre du contre-
Pouitc-à am ; ra ] p ouve |. H descendit le 7 mai au Gozier et à Pointe-'*i(re.
à-Pitre, sans résistance. Pelage se présenta aussitôt à luipour recevoir ses ordres ; mais Ignace ne céda le fort de laVictoire qu’à la force, et se jeta avec les 200 hommes qui