136 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION,
Quoique Richepanse prît le titre de capitaine-général, il futforcé de se dépouiller un moment de son autorité ; Bonaparte 1avait exigé, en réparation de l’outrage fait à son délégué,que l’amiral Lacrosse reprît ses fonctions pendant un mois,L’amiral fit son entrée solennelle le 5 août, et signala son re-tour par un arrêté qui rétablissait l’ancien régime colonial, iappuyant cet acte arbitraire, sur une loi qui n’était appli-cable qu’à la Martinique et aux colonies rendues par l’An-gleterre. Cette mesure fit des mécontents ; mais tous leshommes en état de s’y opposer étaient déportés : quelquesassassinats alarmèrent Lacrosse, qui redoubla ses proscrip-tions ; on dressa des bûchers, et le supplice horrible des ca-ges de feu , usité par les Anglais contre les nègres marrons,fut appliqué à desblancs qu’on accusa de complicité avec lesrebelles.
Mort de Richepanse ne fut pas longtemps complice de ces actesep nse, ( p un despotisme ombrageux; atteint de la contagion, il ren-dit le dernier soupir le 3 septembre 1802, laissant ses trou-pes, aussi bien que les habitants, dans la douleur et la con-sternation. Le général Ernouf, ancien chef d’état-major deJourdan, succéda quelques mois après à l’amiral. Mais quoi- ;que celui-ci fût disposé à gouverner avec modération, il neput ramener la confiance ni l’attachement des noirs pour lamétropole.
situation de Le rétablissement de l’ancien régime à la Guadeloupe se
blessures reçues à la bataille de Vittoria. L’issue de cette expé- jdition est la critique la plus amère qu’on puisse faire de la cou- Iduite de Lacrosse.