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Tome quinzième. Campagne de 1801, 1802 et de 1803.
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LIVRE XIX, CHAP. CXIV.

rait arrivée ensemble devant le Cap, que Toussaint n’en eûtpas moins été en mesure de rassembler ses 13 demi-brigadesdans les mornes, dès que son parti était pris de combattre.En supposant même qu’il se fût soumis, on ne peut croireque cela se fût prolongé au-delà du terme où la fièvre jauneaurait mis l’armée hors d’état de résister au soulèvementgénéral.

Par les mêmes motifs, on ne saurait affirmer que le succèsde l’expédition dépendit, comme le prétend Bonaparte, del’inexactitude de Leclerc à suivre ses instructions. Il est dou-teux que Je renvoi en France de Dessalines, Christophe,Maurepas, Belair et de vingt autres noirs marquants, eût faitchanger le cours des événements, lors même qu’on eût ac-cordé toute confiance aux hommes de couleur. Quand onpense que lemulâtre Pétliion,undesplus dévoués à laFrance,fut l’instigateur de la défection de Clervaux, et que leur ré-volte précéda celle de Dessalines et de Christophe, il n’estplus possible de raisonner, et l’on peut supposer avec rai-son que l’ambition personnelle s’affubla du masque du bienpublic, pour assouvir la soif de puissance qui dévorait quel-ques individus.

Cependant il est juste de convenir que le renvoi impoli-tique de Rigaud, les événements de la Guadeloupe , et lesactes odieux commis envers les mulâtres, suffisaient pourexciter à la révolte ces hommes impétueux ,placés entre /'ig-nominie des anciens ‘préjugés et l'avenir brillant que leurpromettait l'émancipation ; c’était soumettre les hommes àune trop rude épreuve que de leur présenter cette alterna-tive, et peut-être Péthion serait-il resté fidèle à la France

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TOU. XV.