LIVRE XIX, CHAP. CXV .
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nement au ministre des relations extérieures, et de réclameren même temps la suspension d’une mesure qui le jetait dansle plus grand embarras.
Cette démarche, dont on lui a fait de si durs reproches ,était néanmoins très-naturelle : le gouvernementhelvétique,sans rien préjuger sur le fonds, devait se formaliser qu’onse bornât à une simple notification par l’autorité militaireau moment même de l’évacuation ; tandis qu’en allié fidèle,il avait droit de s’attendre à ce qu’on le consultât sur l’op-portunité de la démarche, ou du moins à ce qu’on l’en pré-vint à temps par son ministre à Paris, pour qu’il pût aviseraux mesures qu’elle nécessiterait.
Les remontrances du Landamman et du Sénat, se croisè-rent en route avec le message de Stapfer, et la note du mi-nistre Talleyrand qui confirmait la nouvelle donnée parMontchoisi; dès-lors il fallut prendre franchement un parti.Sans doute, l’évacuation du sol national par une force étran-gère , est un événement toujours désirable, et le patronagede baïonnettes alliées fut de tout temps une triste et dange-reuse ressource pour les gouvernements faibles. Si jamaisces vérités furent susceptibles d’exceptions, certes les chefsde l’administration helvétique avaient droit de la réclameren leur faveur. L’occupation ne provenait point de leur fait :résultat des projets de Reubel, elle succédait à une guerreruineuse qui ôtait au gouvernement la faculté d’entretenirla force nécessaire pour comprimer ses ennemis.
Le temps seul pouvait consolider la paix,et ramener l’union;etle moyen d’atteindre ce but n’était, pas plus de rétablir l’o-ligarchie que d’encourager la démagogie , mais bien d’opérer