166 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
à souffrir qu’une faction ennemie en dictât par la force au rgouvernement alors établi et reconnu. Tout portait donc à scroire qu’il interviendrait de manière ou d’autre, et que l’Au- fctriclie ferait des réclamations : en admettant que la France r
fût disposée à faire droit à ses demandes, une médiation des t
deux cabinets était le résultat le moins fâcheux qu’on dût c
prévoir, et la Suisse recevait ainsi ses constitutions de voi- r
sins peu intéressés à sa prospérité. S’ils ne tombaient pasd’accord, elle était condamnée de nouveau à fournir le champde bataille aux deux puissances, qui se disputeraient l’avan- ftage de les lui donner. i
Les hommes qui plongeaient d’un œil sec leur patrie dans j
une situation aussi délicate, étaient-ils moins coupables que ]
ceux qui, fondés sur les anciens traités , avaient réclamé en ]
1798 des droits imprescriptibles ? Peut-on alléguer que leurs ,
motifs fussent plus généreux , puisque les derniers ne se ré- (
voltèrent que pour se soustraire à l’humiliante condition de ,
Parias, tandis que les autres précipitaient la Suisse dans l’a- ,
bîrne, pour leur intérêt exclusif? Dans les discordes civiles, ]
les passions dénaturent tout : elles aveuglèrent ces hommes ,
doués d’ailleurs de quelques vertus domestiques, qui avaientà se plaindre il est vrai, mais qui devaient attendre de la jus-tice et du temps le redressement de leurs griefs.
Sages Quoique peu enclins à partager l’admiration que tant
mesures des ,
Bernois, d ecri vains passionnes ont affecté pour cette insurrection,nous nous faisons un devoir de rendre justice aux Bernois.
De tout temps ils ont montré du courage et de l’énergie : 1en cette occasion ils y joignirent de l’habileté. Après avoirdonné le change à Andermatt sur la direction de leurs pre-