SUR LES BOUCHES A FÈIT. jS!y
de la soudure d’argent, comme la meilleure des soudures. Ces differentesBandes de fer ont été soudées entre elles, ou sur le tube, sous des marteauxà bras.
L inventeur se proposait d’employer pour faire le Canon de 1 \ . etc,, desbarres de fer de 12 pieds, sur 1 pied 8 lignes dont il ferait des maquetteset des manchons (1) avec amorce; de souder ensuite ces manchons sur unmandrin et sur une enclume sous les coups d’un martinet de 5 oo kil. : lestourillons soudés auparavant à un de ces manchons. Il tordait les barres deter qu il employait, et croyait, par analogie avec les canons de fusil tordus3 U 011 dit excellons, augmenter d’i la ténacité du fer qu’il employait, c’étaitlà le secret.
Mais ces Pièces et autres semblables en fer forgé sont-elles bonnes, doi-vent-elles être adoptées ? Non : parce qu’elles,
t° Détruisent l’affût promptement par la surprise et la longueur du recul.
Gênent singulièrement les troupes par la longueur de ce recul.
3 “ Altèrent les portées par l’oxidation continuelle et inévitable de l’ame.
4 ° Affaiblissent le moral du Canonnier, parce qu’il craint qu’elles n’é-clatent.
Et en effet ces Pièces éclatent souvent, quoique les premières Pièces que lesInventeurs fournissent aux épreuves n’éclatent pas toujours ; parce qu’ilsy emploient des métaux choisis, et surveillent exactement leur fabrication.Mais dans une grande fabrication , peut-011 espérer que les métaux serontchoisis avec scrupule, et qu’un œil observateur et exercé surveillera le degréde chaleur que doit avoir le métal pour opérer solidement celte quantitéimmense de soudures nécessaires pour confectionner la Pièce. Lors du tirles soudures imparfaites s’ouvriront imperceptiblement; l’humidité appro-fondira les fissures qui, parvenues .à un certain point, permettront au Canond’éclater, il se formera dans l’ame des exfoliations feuillures qui retiendrontle feu, et causeront des accidens. Enfin l’oxidation irrémédiable de l’ameen temps de guerre agrandira cette aine au point de la mettre hors de ser-vice ; et en temps de paix, on sera assujetti à peindre sans cesse les piècespour empêcher cette oxidation.
On s’est étendu sur les défauts de ces Pièces, pour répondre une foispour toutes, à une innovation qui paraissait bonne et qu’on représentecouvent comme nouvelle.
Les Pièces de fer, aujourd’hui, sont faites avec des gueuses refonduesà un four à réverbère. Elles ne sont en usage que pour la marine et sur lescôtes; celles qui sont dans quelques Places ont été prises sur l’ennemi.
Ces Pièces s’oxident moins; une fois qu’on a constaté la bonté de la fonte,on est sûr de la ténacité nécessaire au tir, et on ne craint pas la mal-façondes soudures, ni que le métal soit brûlé, etc.
Les Mortiers, dès le 16' siècle, avaient une chambre d’j calibre de dia-mètre , et de| de calibre de longueur; de la lumière à la bouche, le Mor-tier avait 2 calibres; le métal autour de la chambre avait 1 j calibred épais-seur, et allait en diminuant jusqu’au collet, où il n’avait plus que y decalibre.
Dans le siècle suivant, les Mortiers tiraient déjà des globes de pierres de5 oo pesant. On avait aussi en France, depuis Louis XIV , des Mortiers qui
( 1 ) On voit dans lus Mémoires de Saint-Rend, T. I er , P a Ç e $7 et 9-Ç’ ^ e d’ 1745,qu’on a proposé déjà plusieurs fois de faire d es Canons de fer lorge en viroles etsoudé ; mais toujours sans succès,