8l6 NOTES
M. le général comte La M. remarque : que les Pièces de 8 et de 4 ont tiréle même nombre de coups.
Le 4 en 11 séances.
Le 8 en 18 idem.
Que le 4 a donc dû s’échauffer davantage ( t. Il, p. 33 i ), que cepen-dant l’affaissement au logement du boulet, après le meme nombre de coups*était moindre dans le 4 *
Qu’il en était de môme en comparant les autres calibres : d’où il conclutque la résistance du métal dans les Canons diminue à mesure que le calibreaugmente; d’où il résulte que les épaisseurs réglées sur le diamètre desboulets doivent l’ôtre dans une proportion plus forte à mesure que le ca-libre augmente.
Cette observation sur l’affaissement du métal est sans doute très-juste ,parce que le boulet pins pesant, pressé par plus de fluide, repose à-peu-près par une surface égale, sur un métal de môme dureté ; car* la raisontirée de l’épreuve est peut-être douteuse , puisque ( t. II, p. 3 oo ) on ra-fraîchissait les pièces après 2J coups , et on les remplissait d’eau après yS :il eût donc fallu constater le degré de chaleur après 20 coups , après 7$ *et si les dégradations s’opéraient à un certain degré de chaleur.
Cet affaissement, source de la destruction des bouches à feu, est inévi-table, tant qu’on emploiera le bronze en usage, auquel on ne peut donnerqu’une dureté insuffisante pour lui conserver une ténacité nécessaire. Maisles épaisseurs actuelles doivent être suffisantes ; puisqu’on cite avec con-fiance (t. I, p. 3 11 ) des épreuves faites h Strasbourg , après la guerre deSept Ans, dans lesquelles des Canons de ib et de ju forés au calibré de24 et de 16, poussés à bout : présentèrent la même, résistance qu’auraientpu présenter les Pièces ordinaires de même calibre : ce qui prouve quellessont toutes susceptibles de la même réduction sans inconvénient.
D’ailleurs les Pièces de 24 et de i(>, qui sont les plus forts calibres, nepréludent-elles pas toujours , comme dit le général La JM., dans leur setviceci la guerre par le tir à ricochet ? Dans lequel le boulet , loin de nuire aucation , ne fait que damer les parois de son ante et par-là croître sa résis-tance et sa durée lorsque ces Pièces tirent ensuite à forte charge? Celteobservation est d’un elfet douteux pour sa bonté.
Ainsi ^augmentation à donner a l’épaisseur des Pièces à mesure que lecalibre est plus fort, ne remédierait en rien à l’affaissement du métal des-tructeur des Louches à feu tant qu’on emploiera le môme bronze.
Les affaissemens qui font rejeter les petits calibres dans ces épreuves,sont moins profonds que ceux dans les grands; mais les a-t-on constatéstels qu’/ls peuvent se former dans l’exécution des Pièces à la guerre? Non,car on les rafraîchissait tous les 25 coups (1), et 011 les remplissait d’eau
(1) 11 y a une observation de la plus haute importance à faire sur les épreuvesde Canon. On en fit en 1784 à Strasbourg , où on remplissait d’eau les Piècestous les i 5 coups, puis 011 les vidait après quelques heures, et on recommençait atirer : le 26 e coup allait bien,au 27 e le Canon partit en le chargeant et 12 Canonniersy furent la plupart grièvement estropiés. Le général Pichegru , alors sergeut, y eutune partie du pouce emportée et dit, eu s’éloignant de la Pièce, 011 ne dira pas queje ne bouchais pas la lumière. On obvia à ces accidens, en enveloppant la tête deJ’écouvillon d’un sac à terre , et en nettoyant complètement, à l’aide de ce sac #le fond de Pâme .. L’eau dont ou remplissait la Pièce après 20 coups, entraînait lescrasses de la poudre dans le fond, elles s*y épaississaient, s’y attachaient et n’eusortaient qu’en partie eu vidant la Pièce. Le coup allumait ces résidus charbon-neux , au 27* l’accident avait lieu.