Band 
Tome second.
Seite
818
JPEG-Download
 

8l8 NOTES

ser lorsqu’il est frappé ou pressé par quelque corps; il ne peut donc sfr-vir seul à la fonte des Bouches à feu, parce que les projectiles y feraientdes enfoncemens et des évasemens. L’étain le durcit en s’alliant avec lui :il s’insinue dans ses pores, il soutient et tend ses libres; niais aussi il lesdispose plutôt à se casser (i), et lui ôte donc sa force de cohésion. L’étain,plus fusible que le cuivre, lui communique cette propriété , et par-là, l’a-mollissant, lorsque les Bouches à feu s’échauffent par le tir, opèrepromptement leur destruction. Ainsi l’Alliage de l’étain au cuivre, memeen le faisant dans de justes proportions, encore indéterminées, si on n’estéclairé que par les épreuves de Douai , en 1786, ne donne qu’un Alliageinsuffisant pour obtenir des Bouches à feu de durée. En vain citerait-onles Pièces de bataille dont les calibres de 4 et de 8 seulement ont soutenu3ooo coups : aura-t-on toujours le moyen de se procurer des sabots ? et àboulets roulans , le 4 ne fournit pas 600 coups. C’est l’Artillerie aujour-d’hui qdi fait la guerre et décide les batailles : l’Artillerie française a tiré82,000 coups de canon à celle de Wagram. Il faut donc absolument trou-ver un Alliage peu coûteux, qui donne au cuivre de la dureté sans altérersa ténacité.

Les anciens Canons de 24 fournissaient au service des plus longs sièges ;à celui des places, on ne s’en plaignait pas. lie zinc entrait clans l’alliage deleur bronze; les Kellerts l’employaient dans cette proportion :

Rosette. .... 100

Laiton. 6 dont ~ zinc.

Etain . 9

En 1786, il y avait nombre de pièces des Kellerts dans les Places deFlandre : pourquoi n’en a-t-011 pas éprouvé quelques-unes, comparative-ment avec celles fondues par les B. et les P., etc. ?... Le zinc est moins fu-sible que l’étain, moins sujet à s’oxider, etc. Il faut donc commencer parfaire ces épreuves , et constater si cet Alliage est réellement bon (Il restaitencore en France , en 1812, 40 pièces environ, fondues par les Kellerts ).

M. le général La M. avait proposé autrefois de varier l’Alliage suivant lescalibres, en employant t 3 , r 1, et 8 d’étain sur 100 ; mais les épreuves de1786 ne justifient pas cette idée. Il avait aussi proposé de faire les Canonsen fer coulé. Malgré la bonification que les Pièces en fonte grise ont acquisepar la méthode de la double fusion, cet expédient est dangereux surtoutpour les Pièces de campagne , dont l’écouvillon, qu’on laisse souvent traî-ner, peut porter des graviers dans l’ame du Canon ; et les Pièces étant beau-coup plus pesantes que celles de bronze de même calibre, F Artillerie setrouverait ralentie dans ses différens services. Enfin je crois que les Piècesde fer se gersent quelquefois en tirant, que l’humidité s’infiltre par sesgerçures, oxide le métal, et est cause qu’une Pièce, qui 11’a pas crevé àl'épreuve, crève dans la suite lorsqu’on la tire. ( T^oycz ce qu’on a dit surles Pièces de fer battu proposées par la compagnie Etienne, de Lyon. )Bre^eot, officier d’Artillerie, voulut améliorer l’Alliage des bouches à feu.Après avoir allié avec succès le métal d’un petit canon de 90 livres pesant,eu le composant de cuivre, de fer et de zinc, il obtint de tenter Fessai engrand. Son Alliage fut de 1200 cuivre,

168 fer,

832 zinc.

2200 liv.

(1) Nous avons vu que M. le G. C. La M. pense le contraire, et que dans 1 Al-liage de ti sur 100, il donne de la ténacité.