Band 
Tome second.
Seite
824
JPEG-Download
 

824 A’ O T E S

doute:les Espagnols faisant presque toujours leurs Canons avec des métauxneufs. D’où leur -vient cette qualité si précieuse pour couler des canons ?

Il faut donc n’employer que des métaux neufs, et réduire en métauxneufs, par le départ des composans, tous les bronzes qu’il faut refondre ;mais cette manipulation est coûteuse).

Mais chercherions-nous des remèdes aux maux que nous n’avons pas?la science de tondre des Canons serait-elle si difficile que les fondeurs deFrance ne l’eussent connue qu’imparfaitèment? est-ce à leur négligence, àleur ignorance, ou à la précipitation des épreuves de Douai faites en 1786,que l’on doit attribuer l’idée fâcheuse d’être sans Artillerie de siège enFrance , malgré l’emploi asse7. glorieux que nous en avons fait depuiss5 ans ?

M. Pe-de-Arroz a fait des Canons excellens en Espagne , pourquoi n’enferait-on pas en France ?

Voici la note envoyée par M. le général Berger au ministre de la guerre:

En 1786» on a coulé pleines, à la fonderie de Séville , 4 Pièces de 34,semblables en tout aux Pièces françaises .

Leur alliage était de 11 liv. d’étain sur 100 de cuivre pur.

On leur a fait tirer, par jour, de 100 à 130 coups, à la charge de 8 liv.de poudre, et à boulets roulans .

Chacune a tiré 53oo coups.

On a renouvelé deux fois le grain dans cette épreuve.

Elles ont été reconnues toutes 4 sans défaut, et d’un aussi bon serviceque si elles n’avaient subi que l’épreuve ordinaire.

CesPièces ont servi encore dans l’Armée française au siège de Cadix , etont été jetées à la mer , je crois, quand cette Armée s’est retirée.

Ce fait récent, attesté par les Officiers d’Artillerie d’une armée entière,ébraide ma confiance aux épreuves faites en France que j’ai présentées : jerésume les contradictions que j’ai cru apercevoir, et dont j’ai parlé.

J’ai de la peine à croire que l’affaissement du bronze, à l’endroit où posele boulet dans la charge ; affaissement, qui est l’origine de la destruc-tion du Canon, et qui est causé par la pression du fluide élastique de laPoudre sur le boulet, soit diminué par l’augmentation du Vent, plutôt quepar l’annihilation de ce Vent.

J’ai de la peine à croire que la réduction ou l’annihilation duVent du bou-let diminue la portée du canon , parce qu’alors, dit-011, le fluide élastiqueJ1P peut plus franchir le boulet qui est devant lui, et aller pousser la colonne

d’air qui le ralentit. , ,

J’ai de la peine à croire que le placement de la Lumière, qui n’aboutit■plus par le canal d’amorce d autrefois, dit Boudin , au centre de la charge,soit une des grandes causes de la destruction rapide des Pièces, puisqu’il yavait un moyen si simple, que j’ai indiqué, de donner aux Canons le mêmeavantage sans exposer aux graves accidens reprochés au canal d’amorce.

J’ai de'la peine à croire qu’on puisse raccourcir les Canons de 34, etc.,de t r4 pouces de longueur d’ame qu’ils ont, à celle de 4y pouces, même à80 comme 011 l’indique d’après les épreuves d’Auxonne ; car les épreuvesde Woohvich leur sont un peu contradictoires , et méritent quelque con-

mee, ainsi que, etc.

J’ai de la peine à croire que, sachant que des Canons de ifi et de 13rés au calibre supérieur de 34 et de 16, ayant été poussés à bout, et avantsisté à un grand nombre de coups, trois généraux d’Artillerie distin-îes, aient pu voir que 4 Canons de 24 ne supportaient pas le tir de 300»iips, sans en chercher ]a raison.