ESSAI
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Les Contre-gardes sur les demi-lunes sont préférables à celles sur le» bas-tions; mais les premières sont remplacées avec avantage paroles grandes de-mi-lunes à réduit. Celles sur les bastions n’cmpéclient pas que du saillantdes demi-lunes collatérales on ne batte en brèche les épaules du bastion ; etson saillant avec celui des demi-lunes collatérales ne débordant pas les unessur les autres, n’offre point la disposition heureuse que nous avons ditprécédemment devoir être donnée aux fortifications d’une Place. Mais si lesbastions avaient un fossé sec, et si leur revêtement, fort élevé , pouvait êtreruiné par les premières batteries, il faudrait adopter les Contre-gardes surles bastions, en les prolongeant en arrière des faces des demi-lunes, pourleur ôter le premier défaut qu’on vient d’indiquer.
Les Tenaillons ou grandes Lunettes, Ouvrages plus chers qu’une grandedemi-lune, lui sont fort inférieurs en défense, et ils ont été abandonnés,parce que les batteries, placées au-devant de leur rentrant, peuvent fairebrèche aiix Tenaillons, au saillant de la demi-lune, aux faces et aux épaulesdes bastions collatéraux.
Les Ouvrages à Corne et à Couronne, autrefois si multipliés, ont été ap-préciés par l’expérience; elle a prouvé que l’augmentation de défense qu'ilsprocurent n’est point en proportion de la dépense qu’ils occasionnent ; onleur préfère une suite d’ouvrages détachés, qui se protègent réciproque-ment, et que l’assiégeant est obligé de prendre en détail.
L’Ouvrageà Corne et l’Ouvrage à Couronne, qui est en outre plus cheret plus difficile à retrancher, exigeant beaucoup de monde pour leur défense,ne conviennent qu’aux très-grandes Places; leur tête forme des saillans tropavancés pour être bien flanqués par des Ouvrages de l’enceinte. Leurs fronts,toujours trop courts, n’obligent qu’à un très-petit développement de tran-chées : les trouées que l’assiégeant peut faire dans leurs longues branchesmalflanquées, lui permettentde battre les demi-lunes intérieures. L’Ouvragepris, l’assiégeant conduit son attaque dans son intérieur, sans craindre niles revers ni les sorties ; et sans faire de batteries , il force l’assiégé d’aban-donner les chemins couverts des demi-lunes et des bastions collatérauxqu’il domine et qu’il plonge. Ainsi, quand il faudra construire de ces ou-vrages , et quand les dispositions du terrain le permettront, il faut avoirattention de 11e porter qu’à 80 ou 100 toises les saillans des demi-bastions ,pour pouvoir les bien défendre ; de donner au côté extérieur au moins 100toises, pour avoir un développement de front susceptible d’une bonne dé-fense ; de faire dans l’intérieur des coupures bien disposées, pour voirdirectement, et de front, le débouché des brèches, et qui aboutissent à lahauteur de la face du réduit fait dans la place d’armes rentrante du bout dela branche. Enfin, de ne point construire un chemin couvert dans l’inté-rieur, qui devient inutile , étant plongé du rempart des branches.
LL Avant-fosse retarde l’assiégeant, mais rend les sorties difficiles, l’en-nemi pouvant aisément ruiner les ponts qui servent à le passer. Il faut quele glacis vienne mourir au niveau de l’eau, si on ne peut le saigner ; et s’ilpeut l’être, il faut que sa pente se prolonge jusqu’à sa contrescarpe, pourqu’il n’offre point d’abri à l’assiégeant.
L'Avant-chemin couvert par son développement, exige beaucoup demonde pour sa défense; il ne peut donc convenir qu’aux grandes Places,l’rop éloigné de l’enceinte pour être bien flanqué, il a besoin de l’être parquelques Oui rages avancés; il doit être commandé par le chemin couvertde la Place.