tage national, acquis par de si pénibles sacrifices; et lespeintures de nos exploits ont à tous les yeux le prix de cesbeaux tableaux dont les auteurs n’existent plus.
» L’auteur de l’ouvrage que nous annonçons a senti qu’ilfalloit s’écarter de la route suivie par les inévitables narra-teurs de nos campagnes, et laisser un moment en repos laterre où. dorment les débris de nos escadrons. Appelant, parune heureuse inspiration, l’éloquence au sein de nos ar-mées, il l’associe aux triomphes de nos braves; il montre lapart qu’elle eut à nos succès, et révèle ainsi à la nation unnouveau genre de gloire dont on ne connoissoit pas toutes lesrichesses.
» Il ne faut pas croire néanmoins que l’auteur, voulantcirconscrire le choix de ses exemples et de ses modèles dansdes limites françaises, ne permette pas à l’éloquence mili-taire de se trouver hors de nos camps; plus franc, plusjuste, plus généreux, il la recherche dans tous les temps,dans tous les pays, dans tous les rangs. Distribuant au resteavec impartialité l’éloge ou le blâme, il ne se laisse jamaisséduire ni par l’éclat d’un grand nom, ni par les récrimina-tions de l’esprit de parti. Son introduction, consacrée à l’his-toire de celte éloquence guerrière, depuis les anciens jusqu’ànos jours, est un morceau très-remarquable. Après avoirjeté un coup-d’œil rapide sur les beaux siècles de la Grèce etde llome, l’auteur la montre fuyant l’invasion des barbares ,muette aux temps de la féodalité et de la barbarie, reparois-sant par intervalles devant le génie de Charlemagne, l’en-thousiasme des croisades, la valeur chevaleresque de Fran-çois I er et de Henri IV ; enfin brillant d’un éclat non inter-rompu aux époques de notre révolution. Ce fut alors en effetque, fière de ses triomphes, elle sut agrandir à la fois etsimplifier son langage. II suffisoit à un général, pour en-flammer son armée, de lui dire : a Souvenez-vous que vousi> êtes les soldats d’Iéna , d’Eylau , de Friedland ! «Ainsi, enmoins de quelques années l’éloquence militaire, assez richepour restreindre son dictionnaire aux noms de quelques
bourgs,créa par le simple enchaînement de leurs noms, un
protocole à la victoire.
« Le style de l’auteur est vif, concis , quelquefois étince-lant d’images et de hardiesse. Les vues politiques auxquel-les le conduit souvent son sujet, sont d’un grand intérêt. Untraité sur l’éloquence militaire manquoit à la littérature et a