a ES RECONNAISSANCES.
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et, s'ils sont poursuivis, ne sont pas obligés des'attendre, car ils ont de meilleures jambesque ceux qui les poursuivent,
établissons donc que reconnaître n'est pas at-taquer.
Une reconnaissance attaque quelquefois,mais ce n’est que pour mieux reconnaître. L’at-taque n'est donc pas son but, mais un de sesmoyens.
11 ne faut employer ce moyen que lorsquesans lui vous ne pouvez remplir voire mission.
Si donc, quoiqu’à la tête de deux cents che-vaux, vous pouvez mieux voir l'ennemi avecdeux cavaliers embusqués au coin d’un bois,qu’avec toute votre troupe engagée, gardez-vous de préférer le second moyen au premier.
La reconnaissance la mieux commandée estcelle qui rapporte le plus de documents uti les,quiramène tousses chevaux, et ses hommes enbon état, et non celle qui, en oubliant son but,fait des tours de force, au lieu de tours d’a-dresse; l’officier qui commande celle-ci, est, àmon avis, gravement coupable, et doit êtreexemplairement puni.
La cavalerie légère russe n’en agit pajcomme nous. Dansla campagne de Russie, nousétions d’avant garde, et marchions d 'Orcha, surïVïtebsk, en arrivant à Babinowitschi, près d’unbois,nous aperçûmes un cosaque, qui traversaitune clairière; nous nous arrêtâmes, et nous for-mâmes. On détacha un escadron sur la clai-rière,et l’on parvint ;» faire prisonniers deux co-saques ,dont les chevaux étaient épuisés defati-gues; trois autres s'échappèrent. On resta long-temps en position , on fouilla le pays avec soin,