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que État a éu des escadres, eu réunion de vais-seaux à voiles, comme expression de sa forcénavale. Des flottes françaises et anglaises se sont,pendant un siècle et demi, disputé l'empire de lamer, et, après des luttes longues et sanglantes, lepavillon britannique s’est promené d’un bout àl’autre du globe en vainqueur et en maître. On apu croire la marine française anéantie.
Elle ne l’e’tait pas pourtant, et, la paix rame-nant avec elle la tranquillité, la confiance et lecommerce, notre navigation marchande a pu em-plo yer et former assez de matelots pour qu’en 1840on ait vu une escadre de vingt vaisseaux faireflotter avec honneur le pavillon français dans laMéditerranée.
Bien des esprits ont été e’blouis de ce brillantrésultat; ils ont vu arec douleur cette belle flottecondamnée à l’inaction alors que le sentiment na-tional était en eux si vivement blessé. Nous avionsà ce moment sur l’escadre britannique la supério-rité de l’organisation et du nombre. Nos matelots,commande's par un chef habile et actif, étaient bienexerce's, et tout leur promettait la victoire. Jen’invoque pas là mes souvenirs, mais ceux d’undes plus habiles officiers de la marine anglaise.