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matelots à fournir. Et ce qu’il faut ajouter, c’estqu’au premier bruit de guerre, la pe'pinière si ap-pauvrie de notre marine marchande se fût réduiteà rien ; le peu de bras qui pouvaient lui rester sefussent donnés tout aussitôt à la productive spécu-lation des armements en course.
Plusieurs fois, dans le cours de son histoire, laFrance , alors qu’on la croyait sans soldats, a bienpu en faire sortir des milliers de son sein, commepar enchantement; mais il n’en va pas ainsi à l’é-gard des flottes : le matelot ne s’improvise pas ;c’est un ouvrier d’art qui, s’il n’est façonné, desson enfance, au métier de la mer, conserve tou-jours une inévitable infériorité. Depuis le tempsoù nous cherchons à faire des matelots, nous som-mes parvenus , il faut le reconnaître , à avoir desgens qui n’ont point le mal de mer; mais le nomde matelot ne se gagne pas à si bon marché.
Voilà donc les débris de notre escadre victo-rieuse ou bloqués ou assaillis par des forces nom-breuses qui, à la puissance de leur organisation ,joignent l’ardent désir de venger une défaite. Lefruit du succès et du sang versé est perdu. Il n’estplus permis d’appeler du nom de victoire une su-périorité d’un moment , qui n’a laissé après elle