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que la certitude de prochains revers, et cela ,parce que, sans prévoyance du lendemain , nousaurons compromis toutes nos ressources à la fois.
Non, il ne faut pas accoutumer le pays à joueren temps de paix avec des escadres, et à se com-plaire dans la fausse idée qu’elles lui donnentde sa puissance. N’oublions jamais l’effet queproduisit le rappel de la flotte en 1840 ; c’é-tait pourtant ce qu’il fallait faire alors, et ce qu’ilfaudrait faire encore à la première menace d’uneguerre.
Il est donc clair que le rôle des vaisseaux nepeut être désormais de former le corps même denotre puissance navale j l’emploi des navires àvapeur les réduit forcément à la destination su-balterne de l’artillerie de siège dans une armée deterre. On les emmènera à la suite des escadres àvapeur, alors que l’expédition aura un but déter-miné, alors qu’on aura à agir contre un fort, uneville maritime qu’il faudra foudroyer avec unegrande masse de canons réunis sur un même point.Hors de là on ne leur demandera point des ser-vices qu’ils ne peuvent, qu’ils ne doivent plusrendre, et l’on se gardera de persévérer, par unrespect exage'ré pour d’anciennes traditions, dans