FIGURE DE LA TERRE.
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de la gravité ou de la force centrifuge née de la rotation, ildoit prendre, en général, la forme d’un ellipsoïde de révolution,légèrement aplati vers les pôles*. Dans un tel globe, les plansméridiens passant par l’axe doivent couper la surface suivantdes ellipses toutes égales entre elles, et ayant pour petit axecommun la ligne des pôles. Si telle est, en réalité, la forme duglobe terrestre, les procédés qui ont été indiqués plus hautpour en déterminer le rayon, dans l’hypothèse de la sphéricitéparfaite, doivent subir quelques modifications; il importe avanttout de se faire une idée juste de ce qu’on doit entendre alorspar la mesure d’un arc du méridien, désormais considérécomme une ellipse dont il faut déterminer à la fois et la formeet les dimensions.
D’abord remarquons que la latitude astronomiquement dé-terminée d’un point A, situé sur le méridien NAE, est toujoursl’angle compris entre la verticale AK et sa projection KE surl’équateur; seulement cette verticale, perpendiculaire en A à lasurface de la Terre, ne passe plus par le centre C. Si on avancede point A vers E, jusqu’à ce que la latitude ait changé de 1°,c’est-à-dire jusqu’à ce qu’on rencontre une nouvelle verticalea ’Y faisant un angle de 1° avec la précédente, l’arc elliptiqueA a pourra être confondu, sans erreur sensible, avec l'arc decercle décrit du point V comme centre, avec VA ou Va commerayon ; la courbure de cet arc d’ellipse est la même que cellede l’arc de cercle correspondant, et l’une peut être, en effet,prise pour l’autre, en toute rigueur, lorsque l’angle des deuxnormales est, non pas de 1°, mais infiniment petit. Or, dupoint P au point E, la courbure de l’ellipse change évidemment;les petits arcs P/>, Ee doivent être assimilés à des arcs pris surdes cercles de rayons différents. Si on part du point P pour ren-contrer une verticale p\, faisant encore avec la première unangle de 1°, il est évident qu’on devra faire plus de cheminqu’en partant du point E, et que les deux premières verticales
* On suppose en outre que la cohésion des parties n’a pas été assez grande,a l’origine, pour empêcher les molécules du sphéroïde de prendre la dispo-sition la plus favorable à l’équilibre. Cette hypothèse est complètement d’ac-cord avec ce que la géologie nous enseigne sur l’état primitif de fluidité ignéede notre planète.