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VOIES DE COMMUNICATION DE LA FRANCE.
L’avéneraent de Colbert au contrôle général des finances(1661) vint enfin donner au développement et à l’amélio-ration des voies publiques tous les soins que réclamait cetimportant service. Laissant aux trésoriers de France la partiefinancière et la juridiction contentieuse des ponts et chaus-sées, Colbert leur retira la partie administrative et tech-nique pour la confier à des commissaires départis dans lesgénéralités, délégués par le contrôleur général cl respon-sables envers lui.
Une grande enquête sur les péages, prescrite par arrêtdu conseil du 17 novembre 1661, servit de base à unrèglement efficace contre les abus, promulgué par unedéclaration royale du 3 i janvier 1 663 .
Des allocations annuelles, prélevées sur le trésor royal,furent régulièrement affectées, par état des ponts et chaus-sées, aux travaux publics. La part contributive des villesdans les dépenses occasionnées par la construction et laréparation des grands chemins fut généralement imputéesur leurs octrois.
Comme ces diverses ressources ne suffisaient pas pourrépondre aux besoins les plus urgents, l’application du sys-tème militaire ou féodal de la corvée apparut à la plupartdes intendants comme indispensable. Colbert n’accueillit cemoyen qu’avec défiance et réserve; il ne permit d’y recourirque dans les localités où les exigences militaires dominaientles usages civils. On lit, en effet, dans une lettre du 1 3 août1 683 , adressée à l’intendant de Soissons : «A l’égard du«pouvoir que vous me demandez de faire travailler aux«chemins des frontières par corvées, je dois vous dire que« le roi ne donne jamais de pouvoir général de cette qualité ;