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VOIES DE COMMUNICATION DE LA FRANCE.
Le pouvoir législatif commença à intervenir dans lesquestions de chemins de fer. C’est en effet par une loi, etnon par une ordonnance royale, que la ligne d 'Alais à Beau -caire fut concédée, à titre perpétuel, le 29 juin 1 833 .
Vers la même date, une loi spéciale ouvrit à l’Adminis-tration des travaux publics un premier crédit de 5 00,000 l'r.pour dresser les avant-projets des lignes auxquelles on at-tribuait un caractère d’intérêt général. Après l’épuisementde cette somme, d’autres allocations furent chaque annéeinscrites au budget.
Les premiers chemins de fer mis à l’étude par les ingé-nieurs de l’Etat partaient de Paris pour se diriger sur lafrontière belge, par Lille et Valenciennes; sur le Havre,par Rouen; sur Strasbourg, par Nancy; sur Orléans etTours, avec prolongements sur Nantes, Bordeaux et Bayonne.
Jusqu’en 1 83 8, les concessions nouvelles ne s’appliquè-rent qu’à des lignes isolées, de faible longueur, affectées à desimples intérêts locaux. C’est ainsi que se formèrent lescompagnies de Paris à Saint-Germain (la première qui s’or-ganisa pour le transport des voyageurs), de Montpellier àCelte, de Paris à Versailles (rives droite et gauche), de Mul-house à Thann, de Bordeaux à la Teste. Ces diverses con-cessions étaient temporaires et régies par des cahiers descharges détaillés.
Pendant ce temps, les chemins de fer faisaient à l’étran-ger des progrès considérables. Comme moyen d’exécution,l’Angleterre adoptait le recours à l’industrie privée, tandisque la Belgique accordait la préférence à l’action directe del’État.
Le Gouvernement français pencha d’abord vers la mé-