III. —NAVIGATION INTÉRIEURE.
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Environ 2,000 kilomètres de canaux ont été ouverts à lanavigation sous le règne de Louis-Philippe. On s’est occupénon moins activement de l’amélioration des rivières, ce quifut véritablement une innovation.
Jusqu’en i83o, en effet, les grands travaux de naviga-tion intérieure n’avaient guère consisté que dans l’ouverturede voies artificielles. On avait établi quelques écluses enrivière, construit des quais, élevé des digues de défensecontre les inondations, ouvert quelques dérivations pouréviter de grandes sinuosités ou d’impraticables passages;mais, sauf ces exceptions rares ou secondaires, la monarchiede Juillet trouva nos fleuves et rivières tels que la nature lesavait créés.
Cependant l’amélioration des routes avait développé l’ac-tivité commerciale en permettant le transport de fardeauxde plus en plus lourds; la navigation intérieure aurait bientôtpériclité si l’on eût négligé plus longtemps l’amélioration desrivières. Il fallait que le réseau navigable devînt accessibleen tous ses points aux bateaux chargés de marchandises ;de là la nécessité d’améliorer les parties défectueuses descours d’eau naturels, en redressant les courbes, draguantles hauts fonds, régularisant les berges et ralentissant aubesoin l’écoulement des eaux pour conserver la profondeurnécessaire.
On sait que de grands intérêts agricoles et commerciauxse rattachent à la fréquentation des rivières, car c’est sur-tout dans les vallées que s’étendent les riches campagnes,que se pressent les villes populeuses et que s’agitent lesgrandes usines.
L’invention des barrages à fermettes mobiles, due à M. Poi-
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