IV. — PORTS DE MER.
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sière, provenant et des plaines qui s’étendent entre Cumes ettrie promontoire de Minerve ,n on construisait une maçon-nerie de moellons, avec de la chaux et du sable, après avoirépuisé l’eau dans une enceinte circonscrite par un batar-deau en terre glaise. Si la violence des eaux ne permettaitpas d’appliquer ces méthodes, on établissait sur la terreferme un solide massif s’avançant en talus du côté de la mer;autour de ce talus, on bâtissait un mur provisoire, s’élevantjusqu’à la hauteur du massif et circonscrivant une enceinteque l’on remplissait de sable; on construisait sur cette es-planade un gros bloc artificiel, auquel on laissait le tempsde se consolider, puis on démolissait le mur provisoire, lesable s’écoulait et le bloc roulait dans la mer. Par cette opé-ration, renouvelée autant de fois qu’il était nécessaire, onpouvait s’avancer dans les eaux.
Les Romains attachaient au commerce maritime une très- Périodegrande importance. Leurs navicularii formaient un corps l:alo ~ r ' oinapuissant, un collège considérable et privilégié, dont lesmembres se recrutaient dans toutes les castes, depuis lesplébéiens jusqu’aux sénateurs. L’existence de cette corpora-tion était nécessaire pour assurer l’alimentation du peupleet les rentrées financières du trésor public. Ses navires etbateaux apportaient dans les ports d’Ostie et de Rome lesblés de l’Espagne, de la Sicile et de l’Afrique; c’était par lamême voie que les tributs et subsides étaient amenés despoints extrêmes de l’empire. Des fonctions d’une telle impor-tance ne pouvaient pas être, à cette époque, abandonnéessans contrôle ni protection spéciale à l’industrie privée; aussiles navicularii devenaient-ils, dans leurs relations avec l’Etat,