Buch 
Etude historique et statistique sur les voies de communication de la France : d'après les documents officiels / par F. Lucas
Entstehung
Seite
137
JPEG-Download
 

IV. PORTS DE MER.

137

sière, provenant et des plaines qui sétendent entre Cumes ettrie promontoire de Minerve ,n on construisait une maçon-nerie de moellons, avec de la chaux et du sable, après avoirépuisé leau dans une enceinte circonscrite par un batar-deau en terre glaise. Si la violence des eaux ne permettaitpas dappliquer ces méthodes, on établissait sur la terreferme un solide massif savançant en talus du côté de la mer;autour de ce talus, on bâtissait un mur provisoire, sélevantjusquà la hauteur du massif et circonscrivant une enceinteque lon remplissait de sable; on construisait sur cette es-planade un gros bloc artificiel, auquel on laissait le tempsde se consolider, puis on démolissait le mur provisoire, lesable sécoulait et le bloc roulait dans la mer. Par cette opé-ration, renouvelée autant de fois quil était nécessaire, onpouvait savancer dans les eaux.

Les Romains attachaient au commerce maritime une très- Périodegrande importance. Leurs navicularii formaient un corps l:alo ~ r ' oinapuissant, un collège considérable et privilégié, dont lesmembres se recrutaient dans toutes les castes, depuis lesplébéiens jusquaux sénateurs. Lexistence de cette corpora-tion était nécessaire pour assurer lalimentation du peupleet les rentrées financières du trésor public. Ses navires etbateaux apportaient dans les ports dOstie et de Rome lesblés de lEspagne, de la Sicile et de lAfrique; cétait par lamême voie que les tributs et subsides étaient amenés despoints extrêmes de lempire. Des fonctions dune telle impor-tance ne pouvaient pas être, à cette époque, abandonnéessans contrôle ni protection spéciale à lindustrie privée; aussiles navicularii devenaient-ils, dans leurs relations avec lEtat,