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de véritables agents du pouvoir. On leur accordait des sub-ventions pécuniaires, des immunités, des honneurs O; lesautorités militaires et civiles devaient leur prêter assistance,lorsqu’elles en étaient requises. Par contre, ces industrielsétaient soumis à de grandes exigences administratives, à unesurveillance rigoureuse, à des obligations édictées par un
véritable code. Pour le navire chargé de denrées alimen-
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taires affectées au service de l’Etat, l’itinéraire était tracéd’avance, le temps d’hivernage réglé, 1a. durée du trajet ar-rêtée. En cas de naufrage, une enquête sévère avait lieu;l’équipage était, au besoin, mis à la torture; s’il était établique le navire avait péri par la faute ou l’incurie de l’équi-page ou du patron, le collège des navicularii devenait pécu-niairement responsable de la valeur de la cargaison.
Ce droit naviculaire, bien qu’établi au point de vue spé-cial de l’alimentation de Rome, était exécutoire dans lesprovinces. La ville d’d ries, colonisée au temps de Mariuset qui mérita le surnom de la Rome gauloise, eut son collègede navigateurs; il en fut de même de Narbonne, qui compta,jusqu’au temps d’Auguste, parmi les principales placesd’armes des Romains dans les Gaules.
Pendant la période gallo-romaine, la ville de Rayonne(alors Lapurdum ) paraît avoir joui d’un commerce florissantet d’une marine redoutée. Mais, à de rares exceptions près,les Romains attachaient peu d’importance au commerce ma-ritime sur les côtes de l’Océan et de la Manche. Leurs forcesde mer étaient essentiellement militaires et n’avaient pourbut que la conquête. Les découvertes archéologiques ont
(1) En l'an 38o, Théodose conféra à tous les membres de la communauté ladignité équestre.