iv.— PORTS DE MER.
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démontré l’existence de stations navales établies parles Ro-mains à Calais, Boulogne, Dieppe, Cherbourg et Brest.
C’est à Boulogne ou dans son voisinage que les historienscroient retrouver l’emplacement du port d’Itius, où Césars’embarqua pour commencer la conquête de l’Angleterre. Lesbâtiments employés, au nombre de quatre-vingts pour la pre-mière expédition de César et de huit cents pour la seconde,avaient été construits et armés dans les Gaules.
Les Romains avaient franchi le Rhin et le Danube, maissans fonder au delà de ces fleuves aucun établissement du-rable. Pour le commerce, le nord de l’Europe était cetteextrémité du monde vers laquelle les anciens n’étaient attirésque par leur passion pour Y ambre jaune; cet objet de luxeétait transporté par les voies de terre jusqu’aux ports de lamer Noire.
Les seuls représentants de la navigation maritime dansl’Europe septentrionale étaient alors ces peuplades, désignéesdans l’histoire sous le nom de Normands, qui habitaient lescôtes et les îles de la Baltique (Norwége, Suède, Danemark,Finlande). Dès la fin du iv e siècle, ces pirates commencèrentà ravager les côtes de la Gaule romaine et celles de laGrande-Bretagne. Charlemagne fut obligé de fortifier l'em-bouchure de plusieurs rivières pour se mettre à l’abri deleurs attaques. Après la mort de ce prince et le démembre-ment de son empire, les invasions des Normands désolèrentla France pendant près d’un siècle. Ces redoutables aven-turiers établirent leurs principales stations aux bouches dela Meuse, sur la Seine, sur la Loire et jusqu’à l’embouchuredu Rhône. Rollon fit de Dieppe un de ses principaux ports;ainsi furent déposés dans cette ville les germes d’un véri-