144 VOIES DE COMMUNICATION DE LA FRANCE.
Indes orientales, Colbert favorisa l’organisation d’une grandecompagnie, à laquelle l’édit de i 664 accorda, pour dixans, le monopole de la navigation et du négoce «depuis le« cap de Bonne-Espérance jusque dans toutes les Indes et«mers orientales, et depuis le détroit de Magellan ou Le«Maire dans toutes les mers du Sud. u Cette compagnie,constituée au capital de 1 5 millions, dont trois furent sous-crits par le roi, installa sur l’emplacement actuel du portde Lorient ses chantiers et ses magasins. Elle adopta,comme station première, l’île de Madagascar qui lui avaitété accordée en toute propriété, ainsi que les îles circon-voisines; puis elle fonda les comptoirs de Surate et Pondi-chéry, sur le continent des Indes.
L’intérêt que Colbert attachait au commerce maritimede la France se révèle dans ce passage d’une lettre adresséeparce ministre à M. de Pomponne, ambassadeur de Hol-lande.
«Le commerce de tout le monde se fait avec 20,000 na-« vires environ. Dans l’ordre naturel, chaque nation devrait«avoir sa part, à proportion de ses peuples et de ses côtes«de mer. Les Hollandais en ont, de ce nombre, i 5 à« 16,000 et les Français 5 à 600 au plus. Le Boi emploie« toutes sortes de moyens qu’il croit être utiles pour s’ap-« procher un peu plus du nombre naturel que ses sujets« devraient avoir, n
Colbert en effet songeait à élever son pays, comme puis-sance navale, au niveau delà Hollande et de l’Angleterre.Déjà une ordonnance rendue sous Mazariu, en 1G 5 9, frap-pait dans l’intérêt du pavillon français tous les naviresétrangers d’un droit différentiel de 5 o sols par tonneau; Col-