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Tome premier.
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IIISTOIRE DE LA CHI5IIE.

La condamnatiori aux travaux des mines equivalait ä un arrötde mort; car on n’ignorait pas que ces travaux devaient, dans unbres delai, mettre un terme ä la vie (1).

On savait qu’il existait, dans les souterrains, des airs irrespi-rables, qui eteignent les lampes en mßme temps que la vie del’ouvrier mineur; on connaissait ces mofettes qu’on ajtribuaif,au moyen äge, ä l’influence des dömons. On cherchait ä enprövenir les effets par des courants d’air, par des especes deventilateurs etablis dans les ruelles Souterraines.

Pline a tracd un tableau doquent de ce genre de travail, au-quelles Romains paraissent avoir öte debonne heure initids (2).

« On creuse, dit-il, sous les montagnes, des espaces immenseseclairds par la lumiöre des lampes. Les jours et les nuits se con-fondent; car on n’aperyoit la lumiere du soleil qu’au bout depfusieurs mois. Ces mi'nes portent le nom d ’arrugies (3). Qu’ar-rive-t-il? Les ruelles, pratiqudes sous terre, s’abiment tout äcoup sur ceux qui les construisent. Et les voilä de nouveau oc-cupes ä reconstruire des voütes pour soutenir des montagnespres de s’ecrouler. Dans tout ce travail, on rencontre des car-rieres de silex. On les fait dclater par le feu et le vinaigre. Maiscomme les mineurs seraient susfoques par la vapeur et la fumee,on brise la röche ä coups de marteau, et on la reduit en frag-ments d’environ cent cinquante livres, que les ouvriers chargent,jour et nuit, sur les dpaules, et se lespassant de proclie en procheä travers les tdnebres; car ceux qui occupent l’entrde de la minevoient seuls le jour. Si la röche de silex a trop d’dpaisseur, oncreuse tout autour un corridor en pente. Toutefois le silex passepour etre plus tadle ä percer qu’une certaine terre composded’une espece d’argile et de gravier, qu’il est presque impossibled’entamer (4). On l’attaque avec des coins de fer et des maillets.

(1) Sil. Italicus, lib. i, v. 231. « L’avare Asturien, aprfes avoir dächirA les en-railles de la terre, s’y enfonce profoadämeol, et n’en sott qu’avec un visage pikleet livide, dont la couleur le dispute ä celle de l’or qu’il rapporte de ces gouffrestendbreux. »

(2) Pline, Uis(. nat., xxxm, 2t.

(3) Arrugix , de ruga, ride, sillon, ruelle. On dit encore aujourd’hui les ruesd'une mine.

(4) Ibid. Terra ex quodam argillx genere, gtarex mixla , prope inex-pugnabilis. — On se tromperait dtrangement si l’on voulait toujours prendre lesmots silex, argilla, calx, etc., dans le sens qu’ils ont aujourd’hui. Ces motsavaient, cliez les anciens,une signification tres-vague, et qui ne s’appliquait pas