PREMIERE El’OQUE. 117
qu’ils connaissaient effeclivement le moyen de sdparer l’argentde l’or par la voie s4che, moyen qui dtait autrefois employe, sousle nom de cernent royal, dans plusieurs monnaies de l’Eu-rope (1).
En ddcrivant le mode d’exploitation des mines hispaniques,Strabon rapporte qu’aprfes avoir fait passer le minerai au l'eu, ilen rdsultait un melange d’or et d’argent (μίγμα εγοντος αργύρου καιχρυσοΰ), qu’on faisait subir ä ce mdlange une nouvelle calcination,que l’argent etait alors ddtruit ou briile (τον μέν άργυρον άποκαίεσ-θαι), et que l’or restait pur au fond du creuset ( τον δέ χρυσόν υπο-μενειν) (2).
D’apres ce passage, il est evident que les Espagnols savaientsdparer l’or de l’argent, bien que Strabon, qui etait, avant tont,geographe, n’indique pas le moyen dont iis se servaient.
Mais Eline supplee ici en quelque sorte au silence de Strabon.
« On met, dit-il, avec l’or, dans un vase de terre, deux partiesde sei commun, trois parties de misy (3); et de nouveau deuxparties d’un autre sei, et une parti e d’une pierre appelee schiste(terre argileuse); on expose ce vase ä l’action du seu : le me-lange s’empare alors de tont ce qui est etranger ä l’or, qui de-meo re pur (4). »
Nous enregistrons ces paroles de Eline : elles sont d’unehaute importance pour 1’histoire de lachimie. Car un mdlangede sei commun ( chloriere de sodium), de vitriol ( sulfate deferou decuivre) et d’argile {alumine), produisait, sous 1’iniluence dela chalenr, une rdaction, de laquelle devrait rdsulter un desacides mineraux les plus energiques Vesprit de sei , appeldaujourd’hui acide chlorhydrique.
Quel dlait cet autre sei que 1’auteur ne nomme pas? Si c’estle nitrate de potasse, les llomains auront connu Vectu regale.Or la vraie chimie ne date que de l’emploi bien etabli desacides mineraux, qui sont les rentables dissolvants des mdtaux.
Dans l’operation que nous venons de rapporter, l’acide n’dtait
(1) Recherches sur la mCtallurgie des andern , par Louis Savot, cliap. vm.Dans le Recueil iles Anciens miniralogisles de France , par Gobel, t. »; Paris,1779, 8.
.(2) Strabon, lib. m, p. 146, edit. Casanb.
(3) Le misy dtait, selon tontes les probabilitas, le sulfate de fer ou de eu ivi e.
(4) Torretur cum salis gemino pondere, triplici myseos, et rursum cum dua-bus salis portionibus et una lapidis, <piem schiston vocant. Η. N. xxxiu, 24.