180
HISTOIUE I>E LA CIIIMIE.
une des principales Industries des habitants de Chypre. Ce pro-duit dtait empioyö en medecine pour l’extirpation des polypeset d’autres excroissances dechair(l).
II est difficile de ddcider ä quels composes cuivreux s’appli-quent exactement les mots xrugo, chalcanthos , scolecia, misy,'sorg, chalcitis, atramentum sulorium , que les Iraducteurs ren-dent, d’un commun aecord, par verdet ou vert-de-gris.
Pour ddbrouiller ce chaos, il importe de rappeler que lesGrecs et les Romains confondaient trois sels de cuivre dontils avaient connaissance : le Sulfate , 1 ’acetate et le carbonate decuivre (vitriol bleu, verdet, vert-de-gris). pioscoride et Pline nousapprennent que 1 'xrugo (idc) se prdparaitde differentesmanieres,el qu’on l’obtenait, 1° en chauffant des clous de cuivre savpou-dres de soufre dans un vasc de terre, et en exposant le produit äl’humiditd; 2° en raclant celui qui se forme naturellement sur lapierre khalkite, d’oü l’on tire le cuivre (2); 3° en arrosant avecdu vinaigre de la limaiüe de cuivre, et en agitant le m«Rangeplusieurs fois par jour, jusqu’a ce que tont le cuivre seit dissous(donec absumatur)·, 4° en couvrant des vaisseaux ou des lamesde cuivre de marc de raisin ( rinaceis ), et en les raclant dixjours apres (3).
Or, les deux premiers proeedds donnent du Sulfate, et les «leuxderniers de l’acetale de cuivre. II s’ensuit que ces deux selsetaient, ä cause de leur couleur, confondus ensemble sous lenom commun de xrugo ( verdet).
A l’dpoque des Grecs et des Romains on n’avait sans douteaucurte idee de'l’analyse chimiqne. Mais la sophistication avaitdejäfaitde tres-notablesprogres; comme le mensonge, eile datode l’origine de notre espece.
<< On sophistique, dit Pline, Vxrugo de Ithodes (4) avec dumarbre pild. Ü’aulres le falsifient avec de la pierre ponce ou dela gomme pulvdrisde. Mais la fraude qui trompe le plus, c’estcelle qui se fait avec le noir des cordonniers, atramentum su-lorium (o). »
M) Pline, Hist. na<.,xxxiv, 2 e((;dit. Lemaire) ;Dioscori(le, v,87; Orihase, xiu,.5.
(2) La khalkite n’est antre cliose que du suifute de cuivre piesenlant des ef-llorescences de Sulfate.
(3) Diosc., v, 87, 91 ; Pline, xxxjv,26; Vilruve, vii, 12.
(4) Le rarbnnale de cuivre.
(ä) Sulfate de fer (rouperose «eile).— Pline, XXXIV, 11.