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Tome premier.
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HIST01RE DE LA CHIMIE.

leux. Cependant il existe plnsieurs especes de mollusquesmarins, notamment le murex brandaris et le purpura lapillus,qui donnent un liquide pourpre dont on se sert encore au-jourd’hui, sur les cötes de l’Ecosse, pour marquer le linge. Cesespöces se rencontrent dgalement sur les bords de la Manche etdans la mer Mdditerranöe.

Pendant tout le moyen äge, on s’dtait bornd aux renseigne-ments qu’Aristote, Pline et Vitruve nous ont Iaissds sur les co-quiliages it pourpre. Vers le Milieu du seiziöme siöele, Pende-let essaya le premier de rectifier les idöeS des anciens sur cesmollusques (1).

Les premieres experiences pratiques sur la pourpre des an-ciens furent faites, au dix-septieme siede, par un Anglais(2).Elles furent plus tard reprises par Rdaumur, pendant un voyagequ’il fit sur les cötes du Poitou (3).

D’apres les recherches, plus recentes, de M. Lesson, la matiörecolorante en queslion serait fournie par plnsieurs especes de jan-thines( mollusques marins gastöropodes), etparticulierementparla janthina prolongata. C’est dans la Mediterranöe, dit M. Lesson,que xit cette espece. Elle est jetöe parfois sur les cötes de Nar-bonne par les vents violents, de maniere ä joncher les gröves.Or, ä Narbonne, existaient, du temps des Romains, des ateliersde teinture en pourpre tres-edebres, et il est presque certainque la janthine ötait la veritable pourpre alors employöe. Dureste, les caracteres dislinctifs que Pline attribue aux animauxqui la fournissaient peuvent s’appliquer ä la janthine de la Me-diterranee.

Cette eoquille est pölagienne, et vit sur l’eau par essaims demillions d'individus; eile estsoutenue ä la surface des mers pardes vesicules aöriennes que Pline appelle une cire gluante, eteile laisse dchapper, aussitöt qu’on la retire de l’eau, une cou-leur tres-pure , tres-brillante, du rose violaeö le plus vif. Chaqueeoquille en renferme pres d’une once dans le vaisseau dorsal dumollusque. Cetteeouleur prend, parl’action des alcalis, une leinteverte. Ce que Pline appelle une langue est le corps et la tete de

(1) Romielet, Histoire des poissons, etc.; Lyon, 1553, in-fol. p. 44.

(2) Philosoph. Transactions , t. XXV, annee 1685; et Journal des savants,annee 1686.

(3) Voy. dans les Mim. de l'Acad. des Sciences, annie 1736 : Quelqucs expe-riences sur la liqueur colorante que fournit la pourpre.