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Tome premier.
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VEVXIEME EFOQUE. 463

qui traite du Tres-grand secret des philosophes (1). C’est le livreoü l’auteur raconte, entre autres, sa vie. II est divisö en quatreparlies. Dans la premiere partie, l’auteur traite des inventeurs qui,Premiers trouuerent cet art precieux. Dans la seconde partie, ilparle de ses peines, de ses despences et perseuerances. Dans latroisieme partie, il expose les principes et meines des melaulx.Enfin, dans la quatrieine, il est queslion de la practique.

Dans cette derniüre partie, Bernard promet de rüvöler toutson secret. 11 raconte qu’il s’egara un jour dans les champs, oüil vit une belle fontaine entouree de palissades, et que le roidu pays avait seul le droit d’en approcher et de s’y baigner.

« Sachez, dit-il, que le roy y entre tout seul, et nul estrangierne nul de ses gens n’y entrent dedans la fontaine. Toutes les foisqu’il y est entrü, premierement il se despouille de sa robe dedrap de fin or baltu, et la baille a son premier homrae, quis’appelle Saturne. Adonc Saturne la prend, et la garde qua-ranle jours. Apres, le roy devest son pourpoinct de fin veloursnoir, et le donne ä son second homme , qui est Jupiter, et il luyle garde vingt jours bons. Adonc Jupiter, sur le commandementdu roy, le baille ä la Dune, qui est sa tierce personne, belle etresplendissante, et le garde vingt jours. Et ainsi le roy est en sapure chemise blanche comme neige, ou fine fleur, plus que seitleury. Alors il devest sa chemise blanche et fine, et la baille äMars, lequel pareillement la garde quarante jours. Et apres cela,Mars la baille au Soleil jaulne et non pas claire, qui la gardequarante jours. Et apres vient le Soleil tres beau et sanguin. »

Ce fut, ajoute l’auteur, un vieux prötre qui m'avait appristous ces ddtails sur la fontaine du roi. « Et je lui diz : De quoysert cecy? Et il me dist. : Dieu fit un et dix, cenl et rnille, et deuxcents mille. Et puis dix foys tout le multiplia. Et je lui diz : Jenel’entends poinl. Et il me dist: Jene t’endiray plus; carje suisennuyd. Et alors je vis qu’il tust ennuye , et moy aussi avois ap-petit de dormir (2). »

On trouve dans le traitö De chimo miraculo une theorie assezeurieuse sur la source de la cbaleur. « La chaleur, dit l’auteur,ne provient pas du soleil, mais de la rüilexion des rayons qui

(1) Opuscule tris-excellent de la vraye pliilosopliie naturelle, etc.; Anvers,1507, iu-12; tiaduit eil lalln , dans Manget, Bihlioth. chim.,\. ii.

(2) Opuscule tiAs-excellent; etc., p. 189.

HIST. DF. 1.1 CUlUIF. — T. I.

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