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Cours élémentaire d'astronomie : concordant avec les articles du Programme officiel pour l'enseignement de la cosmographie dans les lycées / par Ch. Delaunay
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102 PREMIÈRES ."SOTIO.NS SUR* l.A TERRI:,

continents participent à la rondeur de la surface des mers. Mais ilest aisé de reconnaître que cette rondeur se retrouve partout, mêmelorsqu’on s’éloigne des côtes, et qu'on s’enfonce de plus en plusdans les terres; en sorte que, si l'on imagine que la surface desmers soit prolongée dans toute l'étendue des continents, cette sur-face se trouve généralement peu éloignée de la surface du sol.Pour donner une idée nette de ce que nous entendons par la sur-face des mors prolongée à travers les continents, concevons quol’on ait pratiqué dans les terres un canal profond, débouchant dansla mer à sos deux extrémités, et faisant ainsi communiquer libre-ment les eaux qui baignont deux points quelconques des côtes,aussi éloignés l'un de l'autre que l'on voudra; l'eau se mettra enéquilibre dans ce canal, et s’y élèvera jusqu'à un certain niveau enses différents points : la surface déterminée par le niveau de l’eaudans touto l'étendue de ce canal, et dans tous les autres canaux dumémo genre que l'on peut imaginer à travers le continent, est ce quenous appelons la surface des mers prolongée. Or, on sait que lescontinents sont sillonnés dans tous les sens par une quantité consi-dérable de cours d'eau qui se réunissent successivement pour porterleurs eaux dans les mers voisines ; on sait de plus, par le peu dorapidité que présentent habituellement ces cours d’eau, que lapente de leur lit est presque toujours extrêmement faible, et qu’enconséquence la surface do l’eau y est presque parallèle à la surfacedes mers prolongée. On doit donc en conclure que généralementle sol des continents s'éloigne peu de cette surface idéale. 11 n’y ad'exception que pour les chaînes de montagnes, dont les sommetss'élèvent à des hauteurs notables au-dessus d’elle; et cependantelles ne produisent pas même, sur la surface générale de la terre,des protubérances comparables aux rugosités de la peau d’uneorange. Ainsi on peut dire que le sol des continents, abstractionfaito des irrégularités qu'on y rencontre, présente dans son ensembleune courbure entièrement pareille à celle que l'on remarque sur lasurface des mers.

La rondeur de la surface des mers et des continents a été consta-tée par les voyages que l'on a effectués dans toutes les directions,et sur la presque totalité de la surface de la terre; la possibilité defaire le tour du monde, comme l’ont fait un grand nombre denavigateurs, en fournit une nouvelle preuve des plus éclatantes.Cette rondeur se présente, d’ailleurs, partout avec les mêmes ca-ractères ; en sorte qu’on en conclut nécessairement que la courburede la surface de la terre est sensiblement la même en ses différentspoints. On est obligé, d'après cela, de regarder la terre comme