SCINTILLATION. 119
inégaux de la part des couches atmosphériques qu'ils traversent :on conçoit donc qu’une portion de ces rayons puisse détruireles autres par interférence, après qu'ils se sont introduits dansl'œil ; mais cette destruction pourra n’êlre que partielle, et d'ail-leurs elle sera plus ou inoins grande d'un instant à un autre,en raison des changements qui arrivent constamment dans lesmasses d'air que ces rayons rencontrent sur leur chemin. Lasensation produite par ce faisceau de rayons rouges émanés del'étoile sera donc très variable, tantôt faible, tantôt forte, et cesvariations se produiront souvent avec une grande rapidité. Sil'étoile n'émettait que des rayons rouges, elle semblerait s’éteindre,puis se ranimer ; elle présenterait un éclat variable d’un instant àun autre.
Mais une étoile n’émet pas que des rayons rouges ; généralementsa lumière est blanche, c'est-à-dire qu elle se compose des diverseslumières simples dont nous avons parlé précédemment. Or, il estclair que ce que nous avons dit pour les rayons rouges, nous pou-vons le répéter pour les rayons bleus, pour les rayons verts, etc. Ensorte que, par suite des interférences de ces diverses espèces derayons, l’étoile présentera un éclat très variable d’un instant à unautre. Observons de plus que, les longueurs d'ondulation n’étantpas les mêmes pour les diverses couleurs, le retard d’un rayon surun autre ne devra pas être le même pour qu’il y ait interférence,suivant que ces rayons seront rouges, ou verts, ou violets : on con-çoit donc que l’interférence de deux rayons rouges ne peut pas seproduire en même temps que celle des deux rayons verts, ou bleus,ou violets, qui suivent exactement la même route que les premiers.Ainsi, dans l'ensemble des rayons lumineux que l’étoile envoie à uninstant déterminé à l’intérieur de l’œil, il doit se produire des inter-férences entre les rayons des diverses couleurs ; mais ces interfé-rences peuvent être plus nombreuses pour certaines couleurs quepour d’autres : les rayons rouges, par exemple, peuvent se détruirepresque complètement, tandis que les rayons verts ne se détruisentqu’en petite quantité. Il en résulte que les diverses couleurs quicomposent la lumière blanche venue de l'étoile éprouvent des dimi-nutions inégales d'intensité, et que, par suite, elles ne se trouventplus dans les proportions convenables pour former de la lumièreblanche par leur réunion ; l’étoile doit donc sembler colorée. Cettecoloration de l'étoile doit d'ailleurs varier d'un instant à un autre,suivant que telle ou telle couleur devient prédominante, par suitedes variations continuelles du milieu que traversent los rayons en-voyés par l’étoile à l'intérieur de l'œil. La scintillation des étoiles