OBSERVATION OU SOT.F.TT. PAR T.’OMBRE QIî’lT. PROOTO’. 219ginés pour observer le soleil au moyen de l’ombre qu’il produit, ilest nécessaire de faire connaître une particularité que présente tou-jours cette ombre, et qui nuit beaucoup à l’exactitude des observa-tions. Soit A, fty. 176, une surface sur laquelle se projette l’ombred’un écran B. Si le soleil se rédui-sait à un simple point lumineux ,comme une étoile, on trouverait lalimite latérale de l'ombre sur lasurface A, en menant un plan parl’arête mn de l’écran et par lesoleil, et cherchant la ligne sui-vant laquelle ce plan couperait lasurface A. Mais il n’en est pasainsi ; le soleil a des dimensionstransversales très appréciables ; etsi l’on mène par l’arête mn deuxplans qui touchent le soleil, l’und’un côté, l’autre d'un autre côté,ces doux plans font entre eux un angle qui est loin d'être nul.Soient np,nq les intersections de ces deux plans avec la surface A.11 est bien clair qu'un point tel que r, situé en dehors de l’anglepnq, et du côté convenable, pourra recevoir des rayons lumineuxde la totalité de la surface du soleil, sans que l’écran B s’v opposeen aucune manière ; il est clair également qu un point tel que s,situé aussi en dehors de l’angle pnq, mais de l’autre côté, nepourra recevoir la lumière d’aucun point de la surface du soleil.Mais si l’on prend un point dans l’angle pnq, ce point recevra desrayons provenant d'une portion seulement de la surface du soleil,portion dont la grandeur variera suivant que le point sera plus oumoins près de l’un ou de l’autre des deux côtés de l’angle pnq.L’espace compris dans l'angle pnq sera donc inégalement éclairédans ses diverses parties : il présentera une dégradation progres-sive de lumière d’un bord à l’autre, et établira un passage insen-sible entre la partie de la surface A, qui est éclairée par la totalitédu soleil, et celle qui n’en reçoit, au contraire, aucun rayon de lu-mière. Cet espace intermédiaire entre la lumière et l’ombre senomme la pénombre. On voit que sa largeur est d'autant plusgrande, qu’on la prend plus loin de l'arête m n qui lui a donnénaissance ; il en résulte que l’ombre projetée par un corps sur unesurface est d’autant moins nette et tranchée sur ses bords, que lecorps est plus éloigné de la surface, ainsi que tout le monde a pule constater.
Fig. 176.