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Cours élémentaire d'astronomie : concordant avec les articles du Programme officiel pour l'enseignement de la cosmographie dans les lycées / par Ch. Delaunay
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286 LOIS DU MOUVEMENT DU SOLEIL,

autres, dans les deux couches nuageuses superposées, ce ne seraitque par l'effet du hasard que deux éclaircies se correspondraient,comme nous venons de le supposer ; il en résulterait que les tachesne se composeraient généralement que d’une pénombre, et que cene scraitqu’accidentellementqu’on y verrait un ou plusieurs noyaux.Pour que les choses se passent comme l'observation l’indique, il fautdonc qu’il existe une cause qui détermine la production d’éclairciescorrespondantes dans les deux couches, et qu’en outre cette causedonne de plus grandes dimensions aux éclaircies de la photosphèrequ’à celles de la couche intérieure. Or, il n’est pas difficile de trou-ver une cause qui remplisse ces conditions. Il suffit d’admettre qu'àcertains moments il se dégage du corps même du soleil des massesconsidérables de gaz, de même que nous voyons des masses de va-peur sortir de nos volcans; ces masses de gaz, en s’élevant dansl’atmosphère solaire, s’ouvrent un passage à travers les nuages desdeux couches, en les refoulant sur les côtés ; et ce passage a d'ail-leurs une étendue transversale d'autant plus grande, que le gazqui le produit se dilate davantage, en raison de la diminution pro-gressive de la pression qu'il supporte à mesure qu’il s’élève. Unfait digne de remarque, c'est que les taches solaires ne se produi-sent pas sur la totalité de la surface de l’astre ; on n'en voit quedans une zone, qui, comme la zone torride de la terre, s'étend depart et d'autre do l’équateur du soleil, jusqu'à une distance d'en-viron 30 degrés de cet équateur.

Los nuages de la photosphère, refoulés par le mouvement ascen-dant du gaz, viennent s’accumuler tout autour de l'ouverture quece gaz a produite. Cette grande accumulation de nuages lumineuxpeut expliquer les facules qui environnent habituellement les ta-ches. Quant aux lucules, ou rides lumineuses, qui existent danstoute l’étendue de la partie brillante du soleil, on peut les attribueraux parties saillantes de la surface, nécessairement très ondulée,d’une coucho nuageuse telle que la photosphère.

On comprend que, si les deux couches nuageuses dont on admetl’existence dans l’atmosphère du soleil sont en mouvement danscette atmosphère, de même que nous voyons les nuages se mou-voir dans l’atmosphère de la terre, les taches ne doivent pas nousparaître se déplacer exactement de la môme manière que si elles neparticipaient qu’au mouvement de rotation du soleil sur lui-même.C’est ce qui arrive en effet : M. Laugier a reconnu que, si Ionregarde le mouvement de chaque tache en particulier comme uni-quement dû à la rotation du soleil, on ne trouve pas la même dureede rotation, ni la même direction pour l’axe de rotation de l’astre.