ABERRATION. 3Ü
face de la sphère céleste , paraîtra en n, à l'une des extrémités dugrand axe do l'ellipse mpnq.
Il sera facile d’examiner ainsi quelles sont les places que l’étoiledoit sembler occuper successivement sur l'ellipse mpnq , aux di-verses époques d'une année. En ne nous arrêtant qu’aux quatre,principales positions que l’étoile prendra chaque année sur cetteellipse, nous pouvons dire qu’elle sera en p à l’époque oii le soleilaura la mônie longitude qu’elle ; puisqu’on la verra successive-ment en n, en q, et en m, lorsque la longitude du soleil surpasserala sienne de 90 degrés, de 1 80 degrés, et do 270 degrés.
§108. Pour arriver à reconnaître l'existence de ce mouvementannuel apparent de chaque étoile, qui est une conséquence néces-saire du mouvement de la terre autour du soleil, Bradlev observales distances zénithales de certaines étoiles, à leur passage au mé-ridien. Il se servit, pour cela, d’un secteur zénithal de 7"',32 derayon (24 pieds anglais). Cet instrument , que nous n’avons pasdécrit spécialement, n’est autre chose que le cercle mural (§ 85)dont.on aurait supprimé une grande partie du limbe gradué, pourle réduire à la forme d’un secteur circulaire: le nom de secteurzénithal lui vient de ce qu'il sort exclusivement à observer les astresqui passent dans le voisinage du zénith. Bradley fit ainsi ses ob-servations très près du zénith, afin de se mettre à l'abri des erreursqui auraient pu résulter des réfractions atmosphériques, s’il avaitobservé des astres situés à dos hauteurs au-dessus de l’horizonnotablement ditférentes de 90 degrés.
Bradley ayant commencé ses observations en 1725, et les avantcontinuées avec assiduité, ne larda pas à reconnaître que les étoilesdont il s’occupait éprouvaient de petits déplacements annuels;mais ces déplacements étaient loin do sc faire conformément ît ceque nous avons dit, il n’y a qu'un instant (§ 107). Il trouva, parexemple, que l’étoile y de la constellation du Dragon (voyez plan-che l, page 173) était, en mars 1720 , de 20" plus au sud qu’endécembre 1723 ; que, du mois de mars au mois de septembre sui-vant, elle avait marché de 39" vers le nord; et qu’enlin, en dé-cembre 1720, elle était revenue au point oii elle se trouvait uneannée auparavant. Si le déplacement de cette étoile eût été unesimple apparence due au mouvement (le translation-de la terreautour du soleil, c'est au mois de décembre qu’elle aurait dûêtre le plus au sud, et au mois de juin qu’elle aurait dû être leplus au nord; aux mois do mars et de septembre, elle se seraittrouvée dans une position intermédiaire entre ces deux positionsextrêmes. En effet, l’ascension droite de l'étoile étant d’à peu près