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Cours élémentaire d'astronomie : concordant avec les articles du Programme officiel pour l'enseignement de la cosmographie dans les lycées / par Ch. Delaunay
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436 ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS,

voie plus d’éclipses de soleil que d’éclipses de lune. Une éclipse delune est visible de plus d’un hémisphère de la terre (§ 233J ; uneéclipse de soleil, au contraire, n’est visible que dans une partied'hémisphère, et quelquefois dans une partie assez restreinte. Cettecirconstance fait que le nombre des éclipses de lune visibles en unlieu donné est plus grand que le nombre des éclipses de soleil qu’onpeut y observer, malgré la plus grande fréquence de ces dernières,considérées sur toute la surface du globe terrestre. On peut s’enrendre compte; du reste, en remarquant que le diamètre apparentde l’ombre de la terre, prise à la distance de la lune (§ 232), estbeaucoup plus grand que le diamètre apparent du soleil ; et qu’enconséquence il doit arriver plus souvent que la lune, observée d'unlieu déterminé de la terre, atteigne l'ombre de la terre que le disquedu soleil.

Quant aux éclipses totales de soleil, elles sont extrêmement raresdans chaque lieu, comme on le comprend tout de suite en réfléchis-sant à la petitesse de l'ombre projetée par la lune sur la terre. Laportion de la terre qui est successivement couverte par cetteombre n’est qu’une très petite fraction de l’espace total d’oùl'éclipse de soleil peut être observée. A Paris, par exemple, il n’va eu qu’une seule éclipse totale de soleil dans le xvm e siècle, cellede 172 4: il n’y en a pas ou encore depuis le commencement duxix e siècle, et il n’y en aura pas jusqu'à la fin. A Londres on a étépendant 375 ans sans en observer une seule, depuis l'an 11 40 jus-qu'en 1715 ; depuis l’éclipse de 1715, on n’en a pas observé d’autredans cette ville.

§ 239. Les éclipses totales do soleil son t des phénomènes extrême-ment remarquables, qui ont toujours beaucoup frappé les hommes,et d’autant plus qu’on ne les observe que très rarement. La dispa-rition subite de l’astre auquel nous devons la lumière qui nous faitjouir de toutes les beautés de la nature, et la chaleur sans laquellenous ne pourrions pas exister, est bien de nature à inspirer de l'ef-froi à tous ceux qui no se rendent pas compte de la cause d’un pa-reil phénomène. Quand on en connaît la cause, et qu’on sait quel'astre du jour no disparaît que pour quelques minutes, au bout des-quelles il doit se montrer de nouveau tout aussi radieux qu’il l’étaitauparavant, on ne s’effraye pas ; et cependant, à l'instant même oùl’on cesse complètement de recevoir les rayons du soleil, on éprouveinvolontairement un vague sentiment do crainte. Dans tous les cas,la curiosité est vivement excitée par les circonstances que présentoce merveilleux spectacle.

Pendant que le soleil est entièrement couvert par la lune, on voit