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nique Cassini, on se fondant sur un très grand nombre d'observa-tions, avait construit des tables du mouvement de ces satellites, àl’aide desquelles on pouvait prédire le retour de leurs éclipses.Roëmer remarqua que les époques auxquelles on observait réelle-ment, soit le commencement, soit la fin des éclipses, n’étaient pastoujours d’accord avec les indications fournies par les tables de Cas-sini : tantôt le phénomène arrivait un peu en avance, tantôt au con-traire, il arrivait un peu en retard sur l’époque à laquelle il aurait dûarriver d’après la prédiction qui en avait été faite. l)o plus, l’avanceavait toujours lieu lorsque Jupiter se trouvait dans le voisinage deson opposition, et le retard lorsqu’il se trouvait peu éloigné de sa con-jonction. Voici de quelle manière Roëmer expliqua ces divergencesentre les observations et les tables construites d’après un grandnombre d’observations antérieures. Si la lumière que nous envoieun astre était animée d’une vitesse infiniment grande, elle nous ar-riverait aussitôt qu’elle serait partie, et nous verrions les diversphénomènes lumineux qui se produisent sur la surface de l’astre àl’instant même de leur production. Mais si, au contraire, la vitessede propagation de la lumière n’est pas infinie, elle emploie un cer-tain temps à parcourir la distance qui nous sépare de l’astre ; lors-que nous la recevons, il y a déjà quelque temps quelle est partiede l’astre : nous ne voyons les phénomènes lumineux qui s’v pas-sent, qu’après qu’ils se sont réellement produits. Le retard qui onrésulte dans l’observation de ces phénomènes dépend d'ailleurs dola distance qui sépare l’astre de la terre; il est d’autant plus grandque l’astre est plus éloigné. On comprend que ce retard n’auraitaucune influence sur les intervalles de temps compris entre desphénomènes successifs observés sur un astre dont la distance à laterre resterait toujours la même ; l’observation de chacun de cesphénomènes serait toujours en retard de la même quantité surl’époque réelle de sa production ; le temps écoulé entre deux phé-nomènes consécutifs serait donc le même que celui qui s’écouleraitentre les époques auxquelles on les observerait de la terre ; la suc-cession de ces phénomènes, observés de la terre, suivrait exacte-ment les mêmes lois que si chacun d’eux était observé à l’instantmême où il se produit. Mais si la distance de la terre à l’astre quel’on considère vient à varier d’une époque à une autre, il n’en seraplus de même; le retard de l'observation d'un phénomène surl’époque réelle de sa production sera plus ou moins grand, suivantque la lumière aura un chemin plus ou moins long à parcourir pourvenir de l’astre à la terre; et il en résultera une différence corres-pondante entre les intervalles do temps qui séparent des phéno-