EXPLICATION DU PHÉNOMÈNE DES MARÉES. 567exactement pareille à celle que déterminerait la lune seule, si cen'est que son amplitude est plus grande; le rapport de 1 à 2,05,qui existe entre les intensités des actions perturbatrices dues ausoleil et à la lune, fait que l'amplitude de l’oscillation produite parles deux astres est à celle que produirait la lune seule, clans lerapport de 3,05 à 2,05, c’est-à-dire que cette amplitude, pour unpoint de l’équateur, est de O" 1 ,74, au lieu de 0 m ,50. Si la luneest. en opposition, les axes des deux ellipsoïdes coïncident encore,et l’oscillation de la surface de la mer est exactement la même quelors de la conjonction. Lorsque la lune est en quadrature, les axesdes deux ellipsoïdes sont perpendiculaires l’un sur l’autre, en sorteque les effets dus au soleil et à la lune se contrarient ; si la merdoit être haute en un point, en vertu de l’action de la lune, elledoit être basse au môme instant en vertu de l’action du soleil ; etcomme l'action de la lune l’emporte sur celle du soleil, il en résulteune oscillation présentant les mêmes circonstances que celle quela lune produirait seule, avec cette différence que son amplitudeest plus faible dans le rapport de 1,05 à 2,05; à l’équateur, cetteamplitude est de 0 n, ,26 au lieu de 0 m ,50. A toute autre époque,comprise entre les syzygieset les quadratures, les axes des ellip-soïdes lunaire et solaire font entre eux un angle aigu; l’existencesimultanée des actions du soleil et de la lune fait que la surface dela mer prend la forme d’un ellipsoïde ayant son axe de figure com-pris dans cet angle aigu , et plus rapproché de l’axe de l’ellipsoïdelunaire que de celui de l’ellipsoïde solaire; la différence entre leplus grand et le plus petit rayon de cet ellipsoïde résultant, passed’ailleurs par tous les états de grandeur, depuis ü n, ,74 jusqu’à0 m ,26, lorsque l’angle formé par les axes des ellipsoïdes lunaire etsolaire augmente depuis zéro jusqu’à 90 degrés.
Ainsi, en supposant que les déclinaisons du soleil et de la lunerestent toujours nulles pendant toute la durée d’une lunaison, 1 os-cillation de la surface de la mer, en un point de l’équateur, pré-sentera successivement les circonstances suivantes. Lors de la nou-velle lune, la pleine mer arrivera à l’instant où la lune passera auméridien, soit au-dessus, soit au-dessous de l’horizon; la bassemer arrivera à l’instant où la lune se lèvera ou se couchera : ladifférence du niveau de la pleine mer et de la basse mer sera de0 m ,74. A partir de cette époque, la lune s’éloignant du soleil surla sphère céleste, en allant du côté de l’orient, la pleine mer ar-rivera chaque jour un peu avant le passage de la lune au méridien,et la basse mer un peu avant le lever ou le coucher de cet astre ;l’amplitude de l’oscillation diminuera de jour en jour. Lors du pre-