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HYPOTHÈSE DE J.AI'LACE. 615
matières condensées ne pouvait pas so produire, sans qu'il enrésultât un accroissement de la vitesse avec laquelle la nébuleusetout entière tournait autour de son axe. II suffit, pour le compren-dre, de se reporter à ce que nous avons dit relativement à la dévia-tion qu'éprouve un corps tombant d’une grande hauteur (§ 312 ).par suite de la rotation de la terre, ce corps tombe un peu à l'estdu pied de la verticale menée par son point de départ; la ligne quile joint au centre de la terre tourne donc plus vite que cette verti -cale, et l’accroissement de sa vitesse deviendrait beaucoup plussensible, si l’on pouvait laisser tomber le corps d’une hauteur quifût comparable au rayon de la terre. Les matières condensées, entombant vers le centre de la nébuleuse, devaient donc prendre, au-tour de son axe, un mouvement de rotation plus rapide que celuidu reste de la masse; alors les frottements des diverses parties dela nébuleuse les unes sur les autres accéléraient le mouvement decelles qui tournaient le moins vite, et ralentissaient, au contraire,le mouvement de celles qui tournaient le plus vite ; la masse entièrede la nébuleuse finissait donc, au bout d’un certain temps, partourner tout d’une pièce avec une vitesse angulaire plus grandeque celle quelle possédait d’abord. Ainsi la condensation progres-sive des matières primitivement gazeuses de la nébuleuse, et leurréunion en quantité de plus en plus grande en son centre, produi-saient nécessairement une augmentation continuelle dans la vitesse'de rotation de cette nébuleuse autour de son axe.
Une nébuleuse, comme celle que nous considérons, qui est animéed'un mouvement de rotation sur elle-même, ne peut pas s’étendredans le plan de son équateur, au delà d'une certaine limite, quidépend de la vitesse du mouvement. Une molécule quelconque,située dans le plan de l’équateur de la nébuleuse, et participant àson mouvement, est soumise à la fois à l’attraction que toute lamasse de la nébuleuse exerce sur elle, et à la force centrifuge dé-veloppée par son mouvement de rotation. Les dimensions de lanébuleuse ne doivent pas être telles, que, pour un point pris sai-son équateur même, la seconde force l’emporte sur la première : si,par une cause quelconque, la nébuleuse se trouvait placée dans desconditions telles qu’il en fût ainsi, la force centrifuge des moléculessituées à son équateur l’emportant sur leur poids, cos moléculescesseraient de faire partie de la nébuleuse, et se mouvraient dansl'espace, indépendamment d’elle, en vertu de la vitesse qu’ellespossédaient à l’instant où elles s'en seraient détachées.
La condensation progressive de diverses parties de la matièreformant notre nébuleuse a dû déterminer, comme nous l’avons dit.