NOTICES BIOGRAPHIQUES.
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tout le monde; elle est même un encouragement pour lesjeunes savants qui désirent vivre longtemps. En effet, suivantles annales de la science, la vie moyenne des géomètres seraitplus longue que celle des autres hommes, tant sont nombreuxles cas de longévité dans cette classe d’individus, depuis Tha-lès jusqu’à Biot, c’est-à-dire dans une période de vingt-quatresiècles.
On s’imagine, dans le monde, que leur genre de vie estmonotone, mais ils s’en accommodent si bien qu’ils ne s’en-nuient jamais. La régularité chronométrique de leurs habi-tudes produit d’ailleurs un calme profond dans leur esprit; etnous savons que la vieillesse est douce à ceux dont la jeunesses’est écoulée dans le sanctuaire de la science, à l’abri des oragesdu cœur et loin des tempêtes du Forum.
L’astronome a l’univers pour laboratoire. Il n’y peut riencréer, il n’y peut rien changer; mais depuis l’époque où l’étudese réduisait pour lui à quelques observations grossières et àla contemplation des sphères disséminées dans l’espace, lesCopernic, les Kepler, les Galilée et les Newton ont battu enbrèche les vieilles idées astronomiques; ils ont assis les fon-dements de l’astronomie planétaire et semé les germes del’astronomie stellaire. Enfin, depuis que W. Herschell a dé-chiré le voile qui cachait à l’homme les profondeurs descieux (*), un astronome de nos jours, armé de son télescope,peut voir circuler, à un milliard de lieues de l’Observatoire,telle planète qu’ù a découverte au bout de sa plume (*‘).
« La seule idée de ces conquêtes de l’homme sur la nature,a dit A. de Humboldt, frappe notre esprit de stupeur, et lacuriosité recule épouvantée pour faire place à l’admiration.»
C’est vrai; mais la voûte étoilée dont le spectacle réjouit nosyeux ne désespère plus notre esprit, et l’imagination éclairéepar la foi scientifique'sonde des profondeurs qu’aucun téles-cope ne saurait atteindre:
Quel bras peut vous suspendre, innombrables étoiles?
Nuit brillante, dis-moi qui l’a donné tes voiles !...
(') Cœlorum perrupit claustra. Voilà les mots qui ont été gravés sur sontombeau !
(”) L’expresdon est de F. Atago, son éloquent interprète.