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TROISIÈME PARTIE.
Ne vous semble-t-il pas, lecteur, que ces vers de LouisRacine (*) sont la faible expression d’un enthousiasme indi-cible, et que son glorieux père y-répond, en ceux-ci, par lavoix d’Esther?
L’Éternel est son nom, le inonde est son ouvrage;
' Il entend les soupirs de l’humble qu’on outrage ;
Juge tous les mortels avec d’égales lois,
Et du haut de son trône interroge les rois. ..
Mon âme, en cet instant, rêve un pieux cantique,
Mais pour mieux célébrer le spectacle magiqueQui procure à la brute un doux hébêtementEt plonge les esprits dans le ravissement,
Je te bénis, Seigneur, et ma raison s’inclineDevant la majesté de ton œuvre divine !
« L’astronomie, dit Platon, oblige l’âme à regarder en haut,et à passer des choses de la terre à la contemplation de cellesdu ciel. Elle purifie et ranime ainsi un organe beaucoup plusprécieux que les yeux du corps, puisque c’est par lui seul qu’onaperçoit la vérité ; un organe pour ainsi dire éteint et aveuglépar les mille occupations de la vie. »
Oui, l’astronomie entretient dans les âmes bien nées un sen-timent d’humilité profonde envers l’éternel architecte; elle yfait germer les nobles pensées, en y fortifiant les convictionsgénéreuses; elle y ravive l’amour du bien et l’esprit d’égalité.
Sic itur ad astral il nous semble que ce cri retentit auxoreilles du grand astronome, quand, sentinelle vigilante sus-pendue entre le ciel et la terre, il aperçoit dans le champ desa lunette l’astre auquel il a donné rendez-vous. Il nous sem-ble qu’il doit répondre à la voix qui l’appelle d’en haut pendantque rien ne trouble le silence majestueux de la nature. 11 lèveles yeux du fond de notre abîme vers le panorama splendideque la science déroule à ses regards, et sa pensée monte à deshauteurs d’où les hommes lui paraissent tous de la mêmetaille. Il voit dans chacun de ces rois de la terre un être mi-croscopique, atome intelligent, qui cherche sa route sur ungrain de millet. Il lutte contre la gravitation d’en bas, et
(*) Poème de la Religion ,