TROISIEME PARTIE.
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nulle : dans le premier cas, l’action l'a emporté sur la réactionet nous avons avancé; dans le deuxième cas, la réaction l’aemporté sur l’action et nous avons reculé; dans le troisièmecas, nous sommes dans le statu quo. Si l’action et la réactionétaient toujours égales, comme en mécanique, le statu quoserait éternel; mais il faudrait pour cela que les hommes nefussent que des machines. Il y a peut-être, chose triste adiré,des gens qui ne seraient pas désolés de cela.
Les progrès dont les sciences physiques sont la source, cesfruits de l’expérience dont tout le monde profite, ne seraientpas, dit-on, à l’abri de certaines attaques; mais nous ne croyonspas qu’on puisse faire un crime aux savants des avantagesmatériels que nous devons à leur génie.
Pas plus que Chateaubriand, nous ne nous laissons éblouirpar des bateaux à vapeur et par des chemins de fer, maisnous nous garderons bien de dire avec lui que tout cela n’estpas de la civilisation, car tout cela sert de véhicule aux idées,abstraction faite de la matière.
Une biographie complète des savants de tous les âges seraiten même temps l’histoire des sciences et celle de la fleur dugenre humain.
Si la conduite de quelques hommes superbes dément cettedernière assertion, c'est parce que la science met en évidenceles sentiments comme le talent : celui-ci, pour qu’il soit honoré ;ceux-là, pour qu’ils soient respectés ou flétris.
L’homme est un être moral, c’est-à-dire un être composé dedeux organes essentiels, le cœur et l’intelligence ; or sentir etconnaître sont deux actes bien distincts. Tel ignorant peutposséder les meilleurs sentiments; tel savant peut être unpauvre homme, du moins sous ce rapport. La science, quel quesoit son objet, ne peut que contribuer à notre perfectibilité.Un homme dont la culture intellectuelle n’élève pas les sen-timents ressemble à ces terres qu’il faut défoncer pour entirer quelque chose ; mais ce système agronomique n’est pasapplicable aux fonds ingrats de l'espèce humaine.
Les traits que je vais emprunter à la vie des grands géomètresferont plus pour leur gloire, et pour l’édification du lecteur,que toutes mes réflexions.