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Première partie.
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INTRODUCTION.-CHAPITRE PREMIER.

Les Coniques dApollonius contiennent toutes les propriétés importantes deces courbes, et la quadrature de la parabole par Archimède fait encore lobjetde notre admiration et reste comme un des plus beaux triomphes de syn-thétique déduction. Toutes ces propositions sappuyaient sur des raisonne-ments dune rigueur parfaite et dun enchaînement qui a quelque chose demerveilleux. « Celui qui est en état de comprendre Archimède et Apollonius ,disait Leibnitz , a moins dadmiration pour les découvertes des plus grandshommes des temps modernes. »

Caractère des Mathématiques. Les anciens Grecs possédaient donc, dansla théorie des grandeurs et des figures, un corps de science imposant, auquelils donnèrent le nom de Mathématiques . Celte branche de recherches sestsans doute beaucoup étendue plus tard, surtout dans le domaine de lanalyseet de la géométrie supérieure. Mais ce que les anciens en avaient formé consti-tuait un ensemble déjà fort étendu de notions inébranlables, au-dessus de lacritique, auxquelles nous navons eu rien à corriger.

Si considérable quait été cette création, il est à remarquer cependant queles géomètres prennent leur sujet exclusivement en eux-mêmes. Ils raison-nent sur les définitions quils se donnent en pensée; leurs propositions sontun idéal. Le caractère purement subjectif de ces sciences en rend létendueessentiellement limitée. Lhistoire de leur développement vient lattester. Quelque soit le champ quils aient ouvert, les mathématiciens y ont trouvé unlerme. Dans lélude des coniques, les anciens géomètres avaient à peu prèstout aperçu; les modernes, dit Chasles 1 2 * * , ont à peine ajouté aux travauxdApollonius de Perge . A la naissance de lanalyse, lorsquil sest agi de larésolution directe des équations du deuxième, du troisième et du quatrièmedegré, ceux qui avaient ouvert le chemin nont guère laissé à faire à leurssuccesseurs. « Les premiers succès des analystes italiens, dans cette voienouvelle, paraissent avoir été, dit Lagrange, le terme des découvertes quony pouvait faire 5 . »

Si les Mathématiques étaient exclusivement subjectives, elles nexigeaientaussi quune seule opération de lintelligence, la déduction. Il ne sagissaitmôme pas de rechercher, de discuter, dassurer la hase de celte déduction,

1 « Qui Archimedem et Apollonium intelligit, recentiorum summorum virorum inventa

parcius mirabitur. » ( Leibnitius, Opéra, 1768; t V, p. 460.) - Chasles , dans les Mémoires

couronnés de lAcadémie de Bruxelles, série 4°; t. XI, 1837, p. 20. 3 Lagrange, dans

les Mémoires de lAcadémie de Berlin ; année 1770, p. 13o. Reproduit dans ses OEuvres,

t. III, 1869, p. 206.