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INTRODUCTION. - CHAPITRE PREMIER.
toute autre science constituée, en dehors de ce champ défini. Car les notionsqui ne peuvent se prévaloir d’exactitude ne composent pas des sciences àproprement parler. Les Mathématiques existaient seules alors, dans ledomaine des connaissances fixes et établies, et là seulement il y avaitquelque chose d’exact.
La séparation est restée longtemps au même point. Elle avait reçu unesorte de consécration officielle, dans les universités de la Renaissance, par ladivision en deux classes des « sept arts libéraux » qu’on y enseignait. Dansune première classe, le quadrivium , figuraient l’Arithmétique, la Musique(comprenant la théorie acoustique de la gamme et des accords), la Géométrieet l’Astronomie , C’étaient les quatre sciences mathématiques, les quatresciences exactes du temps. Le caractère des matières qui composaient letrivium était bien différent. On comprenait sous ce nom la Grammaire, laDialectique et la Rhétorique. Au lieu de l’accord des opinions, du consente-ment commun dans les propositions établies par la science, on trouvait ici lapluralité des écoles, l’opposition des systèmes et la dispute. Il s’agissait desciences qui n’étaient pas complètement formées.
Il est resté quelque chose de cette distinction dans l’opposition de carac-tère qui subsiste entre nos facultés des sciences et celles des lettres et dephilosophie. Mais par-dessus tout on ne peut manquer d’être frappé de cequi faisait défaut, comme étendue, à cet enseignement, comparé à celui duXIX e siècle. Dans ce programme, il n’y avait rien de plus qu’on ne trouvaitdans les écoles latines de la décadence '. La science de la Terre sous toutesses faces avec l’histoire de notre globe, l’histoire naturelle, la science dela vie, domaines immenses aujourd’hui, n’avaient pas alors de place nimême de nom. Combien de flambeaux attendaient encore, pour s’allumer,leur Promélhée !
Les systèmes de Philosophie . — Parmi les objets auxquels s’était appli-quée de bonne heure l’activité humaine, il ne faut pas oublier cependant laPhilosophie, qui est très ancienne. Le désir et la puissance de raisonner sontprécoces dans l’homme. Il n’y a pour ainsi dire pas de tribu sauvage qui,sur les hases les plus légères, n’ait élevé quelque système de théologie et decosmogonie. Dès les premiers âges de la civilisation, les écoles philoso-phiques abondent et épuisent en peu de temps, comme les mathématiciens,les conceptions diverses que l’imagination leur fournit.
1 Les « sept Arts Libéraux » sont déjà énumérés au V e siècle par Martiamis Capella, dansses Nuptiae philologiae etMercurii.